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Et maintenant, cap sur les élections !

 

Les fêtes de fin d’année sont passées et la gueule de bois se dissipe lentement. Pour les politiciens du pays, ils se remettent d’une année 2018 pendant laquelle ils ont accumulé les échecs auprès de l’opinion publique et où la déception a été le maitre-mot. Il est indéniable qu’il existe quelques satisfactions comme la tenue, sans problèmes majeurs, des élections municipales. Mais ces rares satisfactions sont rapidement rattrapées par une réalité persistante et implacable. Le taux de participation aux élections municipales par exemple, a vite fait de tempérer tout enthousiasme.

 

L’année 2019 s’annonce politique par excellence. Outre le fait que le calendrier impose des élections législatives et présidentielle, les campagnes électorales des différents protagonistes de la scène politique ont déjà débuté. Dans le camp Youssef Chahed, Selim Azzabi est à l’œuvre pour rallier les soutiens un peu partout dans le pays. Des dizaines de réunions se tiennent pour donner du muscle à la proposition politique à venir du chef du gouvernement.

Ennahdha, pour sa part, n’attend pas les échéances pour travailler son discours politique et pour consolider sa base électorale. Des réunions et des meetings se tiennent chaque semaine sous la houlette des principaux dirigeants du parti. Quant au président, Rached Ghannouchi, celui-ci se charge de l’image internationale et d’arpenter les capitales importantes. La prochaine question importante qui va se poser au parti, avec son lot de discorde et de débats, est celle de savoir si le parti islamiste va présenter, ou pas, un candidat à l’élection présidentielle. Il ne fait pratiquement aucun doute que Rached Ghannouchi en a envie. Toutefois, il s’est déjà engagé à ne pas se présenter contre Béji Caïd Essebsi d’un côté, et la question de savoir si le parti va le soutenir dans cette démarche se pose avec insistance, d’un autre côté. Par conséquent, plus la date fatidique d’octobre 2019 approchera, plus les tensions seront vives au sein d’Ennahdha, quelle que soit l’image extérieure qu’ils vont dégager.

 

Ça carbure aussi du côté de Nidaa Tounes. Si le travail classique de terrain n’est pas brillant, le parti semble tenter de préparer son congrès prévu pour fin février 2019. Ce fameux congrès, tant attendu d’ailleurs, devrait déterminer l’avenir du parti et mettre en route la victoire de 2019, selon les dirigeants de Nidaa. A vrai dire, une victoire aux législatives est très hypothétique pour un parti qui a vu sa base électorale fondre comme neige au soleil si l’on compare le nombre de voix obtenues en 2014 et celles récoltées aux élections municipales.

La vraie question qui se pose pour Nidaa Tounes et pour l’ensemble de la classe politique est celle de savoir si Béji Caïd Essebsi va se représenter à la présidentielle ou pas. L’ensemble des paramètres en présence tendent à confirmer que le président envisage sa propre succession. Une telle décision de la part du président de la République redonnerait un peu de tonus à Nidaa Tounes qui trouverait ainsi une raison d’exister. Ce serait également une sorte de ciment qui donnerait un sens à l’action du parti, jadis vainqueur des élections. Mais la route est longue jusque-là. Il faudrait faire oublier le triste bilan de la présidence de la République et les retombées dramatiques du choix du consensus outre le fait que la bataille avec Youssef Chahed s’annonce acharnée. Mais il faut toujours se méfier de l’eau qui dort et ne pas oublier que BCE est une bête politique qui s’épanouit en campagne et dans l’adversité.   

 

Pour le reste des acteurs politiques, l’essentiel est de grappiller un maximum de sièges dans la prochaine ARP. L’objectif est de tenter d’influer sur les politiques futures et sur les probables prochaines compositions gouvernementales. La question de la présidentielle obnubile certainement la dizaine de leaders politiques qui se trouvent à la tête des partis. Mais en réalité, les chances de succès sont minces tant que la division régnera dans les rangs de ce qu’on appelle communément « le camp démocratique et moderniste ». Il est également fort à parier que l’on reverra Moncef Marzouki en lice pour ces élections en compagnie d’une longue liste de candidats fantasques.

 

De toutes les manières, l’électeur tunisien se trouvera dans l’embarras, mais pas celui du choix. Les offres politiques sont tellement faibles et ont tellement de mal à toucher l’opinion publique que l’affrontement se cristallisera, comme d’habitude, sur la dualité islamiste-moderniste. Le chiffre que tout le monde attendra fébrilement sera celui de la participation. Le fossé entre classe politique et population s’est approfondi considérablement durant ces cinq dernières années. Jusque-là, rien n’est venu infirmer cette tendance, les querelles politiciennes ne vont certainement pas y participer.

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