Par Ikhlas Latif
On aura tout entendu. Ennahdha appelle, ni plus ni moins, à une réconciliation nationale en Syrie à travers laquelle le peuple syrien recouvrera ses droits sur son territoire. Une réconciliation qui instaurera la démocratie et mettra fin aux guerres et aux tragédies humaines. Une réconciliation qui rétablira la Syrie dans les rangs de la communauté internationale et arabe.
Qu’il est joli ce message de paix ! Quelles belles paroles empreintes de sagesse ! Encore un peu, on en viendrait à oublier les événements de ces 7 dernières années, et surtout, ce qui s’est passé durant les années Troïka. Si la Tunisie a été classée premier pays exportateur de djihadistes vers la Syrie, ce n’est pas un hasard. Certains n’ont pas la mémoire courte.
Le vent tourne, aujourd’hui, en cette Syrie meurtrie, terre d’accueil, contre son gré, de terroristes de tous bords. Les pires exactions ont été commises par des hordes d’endoctrinés assoiffés de sang. Les Syriens ont connu les pires scénarios imaginables voyant leur pays détruit, leur peuple décimé, pulvérisés sur l’autel d’une lutte géostratégique.
Nos islamistes ont bien senti ce vent tourner. Telles des girouettes, ils ajustent leur position sur la nouvelle donne, appelant à une réconciliation globale, qui bien évidemment n’exclurait pas leurs Frères et assurerait leurs arrières.
Les Tunisiens ne sont pas amnésiques, loin s’en faut. Autorités et peuple syrien ne le sont pas non plus. Ce nouveau positionnement d’Ennahdha ne cacherait en rien sa part de responsabilité, et celui de son allié d’alors, on nommera Moncef Marzouki, dans le drame syrien. Après l’aberration de la rupture des relations diplomatiques avec la Syrie, s’en était venue toute une campagne d’appels à la guerre sainte, au djihad dans le territoire syrien. Des milliers de jeunes paumés ont quitté le pays pour jouer aux apprentis djihadistes. L’argent affluait de certains pays amis du Golfe ; les réseaux d’embrigadement ont prospéré ; les filières djihadistes, bien huilées et certaines de bénéficier d’une protection politique, tournaient à 100/h.
Tout cela s’est déroulé quand Ennahdha était à la tête de la Troïka. Tout cela s’est passé en connivence avec les autorités d’alors et ce ne sont pas les preuves qui manquent. N’était-ce les intérêts politiques du moment, la vérité, toute la vérité aurait déjà éclaté.
Le récent témoignage de Jacob Walles, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, sur les raisons ayant poussé des milliers de jeunes Tunisiens à partir pour le jihad est édifiant. Entre autres facteurs, l’ambassadeur a confié que le gouvernement de la Troïka avait toléré les activités djihadistes ce qui a permis la formation le recrutement d’extrémistes en partance pour la Libye, la Syrie ou l’Irak (sic.). Edifiant.
On n’oubliera pas la tenue en 2012 à Gammarth de la honteuse Conférence des Amis de la Syrie coprésidée par le Qatar. Une conférence lors de laquelle Moncef Marzouki et ses alliés se pavanaient et ourdissaient les pires malheurs qui allaient encore s’abattre sur la Syrie.
On n’oubliera certainement pas que certains de nos islamistes ont revendiqué l’armement de « l’Armée Libre » contre le régime syrien, une pseudo armée qui comptait dans ses rangs des groupuscules terroristes…
Un organisme gouvernemental syrien a récemment publié des documents listant les organisations et les partis politiques ayant financé le terrorisme et enrôlé des jeunes pour combattre en Syrie. Ennahdha en fait partie. Noureddine Bhiri, ancien ministre de la Justice nahdhaoui, a fait son bulldozer défiant quiconque de présenter des preuves. Cela ne tardera pas à arriver, dans 5, 10, 20 ou 30 ans peut-être, mais ça arrivera. Parce quoi qu’on puisse dire, l’Histoire ne pardonne pas.










