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La réunionite, une pandémie dégénérative touchant le corps politique tunisien

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Le parti politique du chef du gouvernement, Youssef Chahed s’appellera désormais « Tahia Tounes ». C’est ce qui a été dévoilé ce dimanche lors d’un grand meeting tenu à Monastir qui vient clôturer une série de plus d’une vingtaine de meetings préparatoires. Ce meeting vient s’ajouter à une multitude de réunions et de rencontres qui s’organisent dans le pays à un rythme effréné.

 

Samedi, Abid Briki, chef du parti En avant Tunisie a tenu un meeting à Sidi Bouzid, en préparation du premier congrès de ce nouveau parti qui se tiendra durant le mois de mars prochain. D’ailleurs, le mois de mars sera le mois des congrès par excellence. A côté du congrès d’En avant Tunisie, les Tunisiens suivront avec un grand intérêt le congrès de Tahia Tounes qui dévoilera à coup sûr les véritables intentions du chef du gouvernement, ainsi que le congrès tant attendu de Nida Tounes qui aura pour lourde mission de restaurer l’image du parti écornée durant les dernières années pour de multiples raisons politiques, tactiques et subjectives.

Le samedi encore, une coalition électorale s’intitulant Ennasr pour la Tunisie et regroupant visiblement des jeunes cadres indépendants a annoncé lors d’une conférence de presse que, suite à de nombreuses réunions de coordination, il a été décidé que cette coalition va participer avec des listes communes aux prochaines élections législatives et qu’elle présentera la candidature de l’un des leurs, Akram Masmoudi, pour les prochaines élections présidentielles.

 

Demain lundi, ce sont des réunions d’un tout autre type qui auront lieu. Elles mettront face à face, pour la première fois depuis de très longues semaines, les représentants du ministère de l’Education et les responsables de la Fédération de l’enseignement secondaire de l’UGTT. L’objectif de ces négociations étant de trouver un terrain d’entente entre les enseignants et le ministère de l’Education permettant de sauver l’année scolaire fortement perturbée par les débrayages, aussi bien des enseignants que des élèves.

Elles seront suivies le jeudi prochain par un autre round de négociations entre le gouvernement et la centrale syndicale, touchant cette fois, le secteur de la fonction publique avec comme point de mire de trouver un accord sur les augmentations salariales dans la fonction publique et l’annulation de la grève générale de deux jours annoncée pour la fin du mois de février prochain.

Entre-temps, l’attention sera braquée le mardi prochain sur l’Assemblée des représentants du peuple qui tiendra une assemblée générale pour élire, enfin et s’il n’y a pas de faux bonds de dernière minute, trois nouveaux membres de l’Instance supérieure indépendante des élections puis, élire le président de cette instance en remplacement de son ancien président démissionnaire ou démis, de son poste.

 

Cette poussée de réunions, de rencontres, de négociations, de meetings aurait pu être l’indicateur d’une grande vitalité du paysage politique tunisien. Il n’en est rien malheureusement au vu des résultats médiocres de cette hyperactivité. Au contraire, elle a tous les aspects d’une pathologie qu’on pourrait appeler la réunionite.

 

Pour mieux la définir, on peut dire que la réunionite est une propension à tenir des réunions répétitives à un rythme immodéré. Elle est fortement contagieuse et peut  avoir facilement et rapidement un caractère pandémique. La réunionite est aussi une pathologie dégénérative dans la mesure où lors des réunions, le taux des toxines augmente dangereusement. En s’accumulant, ces toxines peuvent causer lentement mais sûrement, des lésions irrémédiables et des handicaps importants.

 

Trois symptômes essentiels permettent de diagnostiquer la réunionite pandémique et dégénérative. Le sujet atteint montre des signes d’un dynamisme débordant qui masque mal un immobilisme tuant. Il met en avant une volonté de regroupement avec ses semblables seulement, pour mieux exclure les autres, y compris les larges masses. Enfin, il développe un discours altruiste tout en cherchant à se positionner et ayant un comportement très individualiste.

Une pharmacopée exhaustive existe pour traiter cette pathologie. Mais y a-t-il un médecin dans la ville ?    

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