« En Tunisie, le quart de la population fume, un homme sur deux environ est un fumeur alors qu’un jeune sur quatre de 17 à 25 ans est un fumeur. La prévalence est forte et n’est pas sur une trajectoire descendante », a déclaré Fares Mili, addictologue, pneumologue, président fondateur de la Société tunisienne de tabac et des comportements d’addiction lors d’une récente interview.
Pour le professeur Mili, cela aura un impact majeur sur la santé publique dans les années à venir et les organismes de santé et d’assurances auront énormément de difficultés pour faire face aux maladies attribuables au tabac et aux coûts directs et indirects qui en découleront.
Fares Mili affirme que les produits alternatifs (e-cigarettes, tabac à chauffé, etc.) ont aidé des millions de personnes de par le monde à décrocher de la cigarette. « Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et en France, la baisse de la prévalence tabagique est corrélée à l’augmentation de celle de la vape », a-t-il ajouté. Il explique ainsi que les composants toxiques contenus dans ces divers produits sont dans une proportion largement beaucoup plus faible que celle dans les cigarettes conventionnelles, précisant que les différentes expertises parlent d’une réduction de la toxicité de 80% à 95%.
« Dans nos contrées et dans les pays qui ont de faibles ressources, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, ces produits peuvent constituer une chance réelle d’accélérer la baisse de la prévalence tabagique et des maladies attribuables au tabagisme et ce dans le cadre d’une stratégie de réduction des risques qui peut être implémentée de pair avec les stratégies classiques du programme MPOWER de l’OMS », a-t-il conclu.










