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Quand le remède est plus périlleux que la maladie

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    Nous devons admettre que l’instrumentalisation des associations caritatives à des fins politiques ainsi que l’exploitation des vides juridiques pour user immoralement des supports médiatiques dans la propagande politique pose problème.

    Je crains que ces pratiques, que je ne soutiens pas, soient incapables d’affronter les défis auxquels la Tunisie fait face notamment dans les domaines économique et social vu qu’elles s’adressent au côté émotionnel de l’électeur pour le séduire.

    Cependant, la solution proposée à ce problème est plus grave que le problème en lui-même car elle ne préservera pas la démocratie. Il s’agira, dans ce cas, d’un projet de démocraticide.

    La proposition de loi (interdisant aux personnes dirigeant des associations de bienfaisance ou utilisant leurs médias à des fins propagandistes de se présenter aux élections) s’oppose aux principes de la démocratie étant donné qu’elle utilise la loi pour exclure les rivaux politiques et viser certaines personnes.

    C’est un aveu de l’échec du système de gouvernance et de son incapacité à surpasser le faible projet politique des concurrents et quel échec !

     

    Quand la sanction électorale se fortifie et le calcul politique devient erroné

    Celui qui croit qu’il assurera son existence politique et sa réussite électorale à travers cette loi discriminatoire sera surpris de voir l’électeur le sanctionner le jour du scrutin.

    L’électeur perdra, en effet, sa confiance en la classe politique. Il trouvera ainsi un autre moyen de punir cette classe en accordant sa voix à d’autres alternatives ou en s’abstenant de voter. Cela prouve que les calculs politiques sur lesquels repose une telle loi sont erronés à la base.

     

    Quand la Tunisie perd sa crédibilité et sa crise socio-économique s’aggrave

    Le dépassement de la crise économique et financière en Tunisie exige le déblocage des crises politique et de gouvernance dont souffre le pays depuis des années.

    Il aurait été plus judicieux de réformer le système politique ainsi que l’action politique pour qu’elle soit plus efficiente et crédible et ce en partant du plus important acquis depuis la Révolution, un système politique qui instaure une démocratie développée.  

    La lutte contre la démocratie à travers cette loi ou en reportant les élections pour des futilités ne fera qu’aggraver la crise politique et fera perdre à la Tunisie son unique acquis.

    Les répercussions seront également conséquentes en aggravant les crises économique et financière et en faisant perdre à la Tunisie sa crédibilité.

    Il sera clair et net pour tous que ce système politique ne cherche qu’à préserver son positionnement sans prendre en considération l’intérêt de la Tunisie ou primer la résolution des problèmes des Tunisiens.

     

     

     

     

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