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Non, nous ne sommes pas tous pareils

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    Trop de partis qui se contentent de reprendre le récit national et revivifier des slogans du mouvement national ou religieux mais qui sont aujourd’hui caducs et inaudibles.

    Trop de combinaisons, d’arrangements et d’accommodements de certains partis dont les membres deviennent de vrais opportunistes en fonction de leurs intérêts immédiats.

    Trop de partis, sans véritable démocratie interne, ni véritable participation de leurs adhérents à la prise de décision.

    Trop de partis formés autour de deux à trois figures connues mais sans consistance idéologique ni expérience historique suffisante.

    Trop de promesses non tenues, trop de compromissions insupportables, trop de renoncements.

    Trop de financements occultes. Trop d’alliances contre-nature, trop de revirements incompréhensibles. Trop de corrompus, trop de vendus, qui n’œuvrent pas pour l’intérêt national.

    C’est malheureusement une réalité communément admise, elle sert à discréditer tous les partis politiques, elle sape la confiance des tunisiens en leur classe politique et tue dans l’œuf tout espoir de construction d’un paysage politique sérieux.

    Pire encore, certains acteurs de la sphère politique avancent à visage couvert utilisent ces arguments pour se racheter une crédibilité auprès des tunisiens et prétendre des fonctions électives.

    Pourtant non, nous ne sommes pas tous pareils ! Non, nous ne sommes pas tous corrompus ou tous des profiteurs.

    Non Ettakatol et bien d’autres partis (j’aime penser qu’ils sont nombreux) sont la preuve qu’on n’est pas tous pareils, qu\’ils prennent au sérieux les Tunisiens et leur rôle dans la construction de la démocratie dans notre pays.

    Ettakatol est profondément social-démocrate. Le parti n’a cessé d’alerter des dangers des politiques tournées vers le passé. La dualité bourguibisme-islamisme est aujourd’hui un frein au développement du pays car elle nous enferme dans une vision passéiste qui ne prend pas en compte des problématiques actuelles et concrètes du pays. Le projet social-démocrate se veut défenseur de l\’émancipation de l\’individu. Il milite pour l\’égalité des chances et la justice sociale tout en favorisant l\’initiative privée.

    Ettakatol croit en la constance et la consistance idéologique en politique. Depuis la Révolution, nous avons a gardé une ligne politique claire en défendant nos valeurs.

    Malgré certain départs, le parti a toujours refusé de récupérer «les touristes politiques» et considère que c’est une insulte aux électeurs de commencer un mandat législatif sous une couleur et de le finir sous une autre, pire encore, de le finir sous les couleurs d’un parti qui n’existait pas aux dernières élections. Suivez mon regard !

    Ettakatol croit en la démocratie interne. Depuis 2011, il a organisé trois congrès nationaux qui ont abouti à l’élection de militants à des postes de décision en 2009, 2013 et 2017, notamment en mettant en place des quotas pour les femmes et les jeunes et en respectant scrupuleusement les mécanismes de démocratie et d’élections interne. Il a ainsi permis aux jeunes de créer leur organisation des jeunes socialistes démocrates « JSD » et agir en toute indépendance.

    Ettakatol croit en l’alternance et au mérite. Mustapha BEN JAAFAR, fondateur du parti a passé le relais et n’a plus aucune fonction élective au sein du parti depuis le troisième congrès en septembre 2017. Le présidium élu est paritaire et composé de 6 membres (Kamel Gargouri, Arabya Kousri, Elyes Fakhfakh, Afef Daoud, Khélil Ezzaouia et moi-même) dont 5 ne sont pas fondateurs et ont rejoint le parti en tant que simples militants, preuve aujourd’hui que c’est un parti de renouveau, d’institutions et non le parti de certaines personnes.

    Ettakatol travaille sans cesse pour honorer ses promesses. Malgré une position politique minoritaire pendant la période de gouvernement de la Troïka, le parti a réussi à façonner, à orienter, à faire collaborer et converger toutes les forces pour aboutir à une constitution progressiste et fidèle à son programme.

    Pendant leur courts mandats ministériels, Elyes Fakhfekh, d’une part, a engagé des réformes profondes comme celle des banques publiques,  de la caisse de compensation et de la fiscalité avec une baisse des impôts pour les bas revenus et Khélil Ezzaouia, de l’autre, a engagé et fait adopter le pacte social, mis en place l’identifiant unique et a éloigné les aides sociales du clientélisme et du bon vouloir des délégués et des gouverneurs.

    Ettakatol croit en la probité en politique. Le parti a toujours été respectueux des règles et des lois, il a répondu à la demande de l’INLUCC, alors que des partis aujourd’hui au pouvoir ayant un devoir d\’exemplarité ne se sont pas soumis à cette déclaration obligatoire et aux règles qui en découlent. Sur ce point, il est très important de rappeler que l’écart entre certains partis politiques (dont fait partie Ettaktol) et d’autres profondément corrompus est énorme.

    Il est inadmissible qu’on puisse mettre dans le même sac des personnes dont la politique peut être discutée avec d’autres personnes dont la probité est quasiment absente. En aucun cas des Slim RIAHI, Hafedh CAID ESSEBSI, Sofiène TOUBEL et des Borhene BSAIES et bien d’autres… ne peuvent être représentatifs de la scène politique tunisienne. Il est inadmissible qu’ils entachent la réputation d’une classe politique qui souvent fait de son mieux sans être irréprochable.

    L’honnêteté intellectuelle exige de tous les acteurs publics, notamment les médias et les leaders d’opinions de faire le distinguo d’une manière extrêmement précise entre, d’une part, les partis politiques dignes de ce nom, qu’ils soient de droite ou de gauche, conservateurs ou progressistes, du moment qu’ils jouent le jeu de manière claire et en respectant les règles et d’autre part les « non partis politiques » qu’on devrait plutôt appeler officines ou groupements d’intérêts mafieux. Il est urgent de nettoyer la scène politique et de ne laisser que ceux qui sont là pour servir et non pas pour se servir !

     

    Hella BEN YOUSSEF

    Vice-présidente ETTAKTOL

    Vice-présidente Internationale Socialiste des Femmes

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