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Le ciel ne nous est pas tombé sur la tête…

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    Non le président de la République n’est pas mort. Non l’armée, le parlement et les partis politiques n’ont pas fait de putsch et oui les institutions de l’Etat ont toutes continué de fonctionner normalement.

    Jeudi 27 juin. Le monde a failli s’écrouler pour la Tunisie. C’est du moins ce qui a été ressenti par 11 millions de Tunisiens qui ont retenu leur souffle devant un déchaînement d’événements malheureux.

    Une attaque terroriste à Gafsa, un double attentat visant la capitale et un « grave malaise » touchant le président de la République. Jeudi noir, annonce-t-on, les gens commencent à évoquer une troisième explosion à Tunis, un président mort et annoncent les prémices d’un putsch militaire. Les amateurs de la théorie du complot ont tous laissé libre cours à leur imagination, alimentée par la psychose générale.

    Au final, les trois attentats terroristes ont été « un échec » même si l’agent de sécurité Mehdi Zammeli est mort en martyr de la nation – paix à son âme – et que 8 personnes ont été blessées ; le président de la République se porte bien et aucune force obscure n’a pris le pouvoir.

    Le ciel ne nous est toujours pas tombé sur la tête, pour reprendre cette phrase célèbre d’Astérix le Gaulois. Le pays continue de fonctionner grâce à des institutions solides et une démocratie en marche et grâce à tous ceux qui font que le pays fonctionne aujourd’hui. Il ne l’a pas été non plus lorsque Ben Ali a quitté le pouvoir, un certain 14 janvier 2011, lorsque la Constitution a pris la relève ; ni à aucun des attentats terroristes qui ont secoué le pays au fil des années. Attentats terroristes qu’on observe partout dans le monde, dans des démocraties qui se permettent aujourd’hui de nous donner des leçons et de nous regarder de haut.

     

    Si la dernière semaine a été éprouvante à bien des égards, elle aura eu le mérite de prouver qu’il en faudra plus pour que le pays vacille et il ne vacillera pas.

    Elle a aussi permis de montrer que la majorité de la classe politique a affiché son soutien avec le président de la République, malgré les désaccords, malgré les différends, tous – ou presque – ont souhaité un prompt rétablissement à Béji Caïd Essebsi durant son hospitalisation. Même l’ancien président de la République, Moncef Marzouki, qui avait au début publié un long statut où il parlait de tout sauf de BCE, a fini par rattraper le coup en publiant une photo où on voit les deux hommes se serrant la main.

    L’opinion publique a aussi salué le fait que, contrairement à de nombreux pays voisins, le chef de l’Etat a choisi d’être soigné dans un hôpital public et d’être suivi par une équipe médicale 100% tunisienne. Entouré de ces compétences, Béji Caïd Essebsi a été aperçu hier, dans une photo publiée par les services de communication de Carthage, tout sourire, accompagné de ceux qui ont veillé à sa santé ces derniers jours.

     

    On fermera les yeux sur les messages de haine publié par des Tunisiens manquant de patriotisme, par les bourdes de communication de Carthage qui fait planer le flou et sur l’absence, ô combien remarquée de la précieuse cour constitutionnelle. Cette dernière sera le plus grand chantier à venir. Et la Tunisie restera debout pour l’accueillir…

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