Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Ennahdha : ou vous êtes avec nous, ou vous disparaissez

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

     

    Ennahdha s’est transformé en un gentil parti civil et très imprégné par les valeurs démocratiques, après la décision de séparer le fait religieux de celui politique… Ennahdha est un parti tolérant, ouvert sur son environnement et qui accepte de gaieté de cœur un modèle différent de celui qu’il voudrait véhiculer… C’est ce qu’on entend depuis un bon bout de temps. Les caciques du parti n’arrêtent pas de nous le seriner à chaque sortie médiatique. C’est même devenu le violon d’Ingres de ces cadres nahdhaouis portant, avec distinction, la cravate.

    Sous ce vernis bien lisse et bien brillant, on note ici et là des craquelures. La véritable nature du mouvement, branche des Frères musulmans en Tunisie, réapparait pas intermittence malgré une volonté certaine de maitriser son image et de dompter les ardeurs de ses fidèles ‘aigles’.

     

    C’est entre autres sous l’hémicycle que se manifeste le caractère sectaire d’Ennahdha. Au sein des commissions, les députés du mouvement n’ont de cesse de bloquer tout projet, toute initiative ou tout candidat à une instance, qui n’arrange pas leurs desseins. C’est ainsi que le président du Syndicat national des journalistes, Néji Bghouri, s’est vu évincé de l’Instance nationale des droits de l’Homme. Argument ‘officiel’, le Snjt ne serait pas une organisation de la société civile selon Ennahdha. La réalité est que les nahdhaouis n’ont absolument pas oublié les critiques de Bghouri envers leurs positions liberticides, notamment lors de la publication du rapport de la Colibe. Et puis Néji Bghouri n’est pas le seul candidat à être écarté par les islamistes. Dans leur collimateur, Souhir Belhassen, militante féministe et ancienne présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme. Le véto d’Ennahdha est vite tombé, pas moyens que des personnalités qui s’opposent à leur idéologie soient retenues, quand bien même elles auraient toutes les compétences requises.

     

    La haine idéologique d’Ennahdha s’est manifestée à plusieurs reprises et ce n’est pas Sana Ben Achour qui dirait le contraire. Candidate à la Cour constitutionnelle, elle a jeté l’éponge après avoir constaté les basses manouvres qui la visaient et par là-même l’établissement de l’instance. Abdelhamid Jelassi, parangon de la démocratie, affirmait pas plus tard qu’hier que la dame n’est ni tolérante, ni démocrate. Cherchez l’erreur !

    Il en a été de même pour Radhia Nasraoui, pourtant élue par les Etats membres de l’ONU à la plus haute instance internationale contre la torture, qui s’est retrouvée hors-jeu lors de l’instauration de l’Instance nationale contre la torture. Cela ne sied pas aux islamistes. Scandaleux quand on se rappelle que cette militante avait défendu tous les prisonniers d’opinion de toutes les obédiences sous l’ancien régime. Nouvelle ère, nouvelles pratiques dictatoriales.

     

    Ennahdha applique délibérément l’adage qui dit ‘ou vous êtes avec nous, ou vous êtes contre nous’, autrement, n’y pensez même pas, disparaissez ! Cela dénote encore une fois de l’esprit sectaire du parti islamiste, mais aussi du caractère formel et non-représentatif des élections des instances. Pourtant censées indépendantes, ces instances se trouvent être le résultat de calculs politiciens. Ces manœuvres faussent insidieusement les règles du jeu démocratique.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *