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Le président est mort, vive la République !

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« On dirait que les Tunisiens sont des Européens, ce n’est pas comme ça qu’on réagit dans les pays arabes ! Pour le moment, il ne se passe rien, c’est le calme absolu ! ». Le journaliste d’Al Jazeera qui couvrait l’après-décès du président de la République, Béji Caïd Essebsi, était sur le derrière. Il se serait peut-être réjoui de voir la panique envahir les citoyens, de constater que l’armée a envahi les rues de la capitale, qu’on annonce un assaut contre le palais de Carthage, que le chaos règne. Rien de tout cela n’a eu lieu, n’en déplaise aux haineux qui souhaitent l’anéantissement de la démocratie tunisiennes. Non, nous ne sommes pas Européens. Nous sommes tout bonnement Tunisiens. En cette journée de deuil national, nous portons notre nationalité, notre expérience naissante, notre histoire commune avec fierté.

 

Oui, nous sommes fiers. Nous avons accueilli l’annonce du décès du premier président élu démocratiquement avec tristesse, mais sans crainte aucune pour l’avenir du pays. En cette journée de deuil national, nous avons démontré que nous sommes une grande nation aux instituions solides malgré les lacunes, en dépit des différends. Pour ceux qui pensent que ce qui s’est passé en ce 25 juillet était ordinaire, permettez-moi de vous contredire. Nous avons démontré une nouvelle fois que nous sommes l’exception dans une région où la lutte pour le pouvoir n’est pas, le moins qu’on puisse dire, pacifique.

 

Le président de la République a tiré sa révérence, le jour de sa fête, la symbolique n’en est que plus poignante. Le déroulement de cette journée, historique, nous conforte dans notre détermination. La Tunisie va bien, en dépit des difficultés. Sa démocratie tient la route. Ses institutions restent debout. Son peuple uni.

 

L’Etat perd son chef, dans la matinée. La présidence de la République l’annonce rapidement. Dans les heures qui suivent le processus de succession se met en place dans la transparence la plus totale et le respect de la constitution. Comme disait l’autre journaliste « il ne se passe rien, c’est le calme absolu ». Etrange pays pourtant faisant partie du monde arabe ! Pas d’effusion de sang, pas de putsch militaire, aucun débordement.

 

Le président du parlement rencontre le chef du gouvernement. Ils apparaissent ensemble, le deuxième se tenant, ému, en retrait. C’est le protocole. Le premier est en passe de devenir président par intérim comme le dispose la constitution. Il prêtera serment, ému également, devant le bureau de l’assemblée, à peine trois heures après le décès du chef de l’Etat. Au même moment, l’instance des élections tient une réunion et annonce le changement du calendrier électoral, délais constitutionnels obligent. Le deuil national est décrété par la présidence du gouevrnement. Du côté de la présidence de la République, on organise les préparatifs des funérailles nationales. Le peuple tunisien et les dirigeants du monde rendront un dernier hommage solennel au président décédé dans l’exercice de ses fonctions.

Au-delà des divergences politiques, l’heure était au recueillement et à la retenue pour la majorité des partis et des organisations. Les citoyens rendaient hommage au président tout en vaquant à leurs occupations. Soirées entre amis, virées à la plage ou autres sorties sont maintenues. On est en sécurité. Aucune raison d’avoir peur. Parce que la République n’a pas vacillé. Parce qu’on a conscience que c’est la République qui nous rassemble. Parce qu’on a atteint sans s’en rendre compte, peut-être, une certaine maturité démocratique. Bien sûr, on rouspète contre les dérives et les crises inhérentes à ce changement politique, mais au fond, on sait qu’on est sur le bon chemin.

Béji Caïd Essebsi est désormais partie intégrante de la mémoire nationale. Il fait désormais partie du panthéon républicain. Repose en paix Bajbouj et vive la Tunisie libre, indépendante et démocratique.

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