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La grande leçon tunisienne

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    La Tunisie enterre son président aujourd’hui. Un président à la fois aimé et critiqué de son vivant mais salué par la Tunisie toute entière après son décès, jour de la fête de la République le 25 juillet 2019.

    Cette date déjà très symbolique, l’est encore plus aujourd’hui. C’est d’abord la date de la proclamation de la République en 1957, la date de l’assassinat du militant de gauche, Mohamed Brahmi en 2013, et c’est aussi la date du décès du président de la République, Béji Caïd Essebsi en 2019.

    Trois événements liés, qui donnent le magnifique spectacle que le peuple tunisien a offert au monde aujourd’hui. Un peuple qui a bâti sa République, qui a perdu des militants et qui enterre aujourd’hui son président dans le respect le plus total.

     

    Les images offertes par les Tunisiens aujourd’hui à leurs compatriotes, mais aussi au monde, ont de quoi vous faire à la fois sourire et pleurer, elles vous donnent la chair de poule et vous rendent optimiste et confiant pour un avenir meilleur. Un avenir où on aura, comme aujourd’hui, dépassé nos petites querelles, dépassé les luttes politiques, les divisions et les tiraillements stériles pour devenir et redevenir le peuple que nous avons été aujourd’hui.

    Les images de ces Tunisiens de tous bords qui, par une chaleur caniculaire, restent debout sur les bords de la route, brandissant leurs drapeaux et saluant le cortège qui transporte leur défunt président vers sa dernière demeure.

    Tous ces Tunisiens, ceux qui crient à perdre la voix « Vive la République ! », ceux qui pleurent et ceux qui sont émus n’ont pas tous été d’accord avec leur président de son vivant. Ils n’ont pas tous voté pour lui, ils ne partagent pas tous ses opinions, ils remettent en doute ses accomplissements et critiquent certaines de ses décisions. Mais tous – ou presque – se sont levés aujourd’hui pour saluer ce grand homme et reconnaitre, honnêtement et humblement, qu’il aura eu le mérite de nous réunir, d’incarner les symboles de la République et de donner au monde une image de la Tunisie pour laquelle nous ne pouvons qu’être reconnaissants et fiers.

    Toute cette armée d’internautes qui a pris d’assaut le mur du sombre Wajdi Ghonim pour s’insurger contre les énormités qu’il débite et lui rendre la monnaie de sa pièce. Tous ces politiques qui ont fait montre d’une élégance sans pareil en laissant leurs différends de côté, le temps de ces journées de deuil national.

     

    Ce beau spectacle, dont nous ne pouvons qu’être fiers et que nous raconterons à nos enfants, petits-enfants et aux générations futures, n’aura jamais été possible sans la révolution du 14-Janvier. Sans les révolutionnaires qui se sont insurgés contre l’ancien régime, contre la dictature, l’oppression et l’injustice. Il n’aura jamais été possible sans cette transition démocratique qui s’est faite dans la souffrance et que nous avons payée avec le sang de nombreux – trop nombreux – martyrs. Chokri Belaïd, Mohamed Brahmi lâchement assassinés, tous les soldats et membres des forces de l’ordre qui ont donné leur vie pour protéger le pays et tous les martyrs de la nation.

    Sans eux, rien de ceci n’aurait été possible. Sans tous ceux qui ont cru en une véritable démocratie et qui ont œuvré à construire des institutions pérennes et solides, nous n’aurions jamais pu assister à un tel spectacle. Sans tous ceux qui ont réellement cru que ce petit pays était une grande nation digne de la démocratie, digne d’être libre et digne de choisir, nous n’aurions jamais pu être aussi fiers.

     

    Longue vie au peuple, longue vie à la République, paix aux âmes des martyrs de la nation et paix à l’âme de Béji Caïd Essebsi.

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