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Chahed vs Zbidi : le sprint final

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    Le bal des candidatures à la magistrature suprême se poursuit en ce cinquième jour de dépôt. Lorsqu’un chef de gouvernement se présente face à son ministre de la Défense, la concurrence ne peut qu’être rude et le suspens à son paroxysme. A chacun ses qualités et des défauts, et à chacun ses points forts et ses points faibles. 


    Bien que le chef du gouvernement, Youssef Chahed et son ministre de la Défense n’ont pas encore déposé leurs dossiers à l’Isie, ils sont tous les deux candidats à la présidentielle anticipée de 2019. Chacun des deux hommes a préparé son dossier et son entrée en scène. On parle même « des délégations » qui accompagneront les deux futurs candidats.

    Youssef Chahed, jeune chef de gouvernement désigné par Béji Caïd Essebsi en succession à Habib Essid, à l’issue du Document de Carthage, a connu un véritable succès lorsqu’il a annoncé sa guerre contre la corruption, en commençant par l’arrestation de l’homme d’affaires controversé, Chafik Jarraya. Un pas audacieux qui a engendré la rupture avec Nidaa Tounes et plus particulièrement, Hafedh Caïd Essebsi. Une froideur s’est, donc, installée entre lui et le président de la République. Ainsi, Youssef Chahed a décidé d’assoir son propre parti politique, Tahya Tounes. Réunissant autour de lui les mécontents de l’hégémonie du fils du président de la République, et ceux qui voient en lui l’homme de la situation, notamment, à la suite des réformes qu’il a entamées. Des réformes jugées douloureuses mais qui devront porter leurs fruits à moyen et long terme. Youssef Chahed a, été donc pressenti, prochain président de la République et ses chances étaient plutôt sérieuses.

    Cependant, Youssef Chahed n’a pas su préserver l’élan de sympathie dont il bénéficiait et a enchaîné les casseroles, notamment, à la suite du projet d’amendement du Code électoral taillé sur mesure pour barrer la route à ses adversaires politiques ayant affiché une ascension fulgurante dans les sondages d’opinion. Ce projet de loi a été estimé anticonstitutionnel et non démocratique et a fait chuter sa cote de popularité.

     

    Face au chef du gouvernement actuel, on retrouve le ministre de la Défense, Abdelkrim Zbidi. Si on parlait depuis plusieurs mois de la candidature de Youssef Chahed, l’entrée en course de Abdelkrim Zbidi ne s’est faite qu’à la suite du décès du président de la République, Béji Caïd Essebsi. Présenté comme un homme indépendant et intègre, ses sympathisants vantent ses qualités de haut commis de L’Etat.

    Fort d’un parcours académique exemplaire, Zbidi est titulaire d\’un doctorat en médecine, d\’une maîtrise en physiologie humaine et exploitations fonctionnelles, d\’une maîtrise en pharmacologie humaine, d\’un diplôme d\’études approfondies en physiologie humaine et d\’un diplôme d\’études et de recherches en biologie humaine. Ses qualifications scientifiques lui ont valu plusieurs postes honorables, à l’instar des missions d\’expertise dans le domaine des applications médicales du nucléaire auprès de l\’Agence internationale de l\’énergie atomique1.

    Sa carrière politique a démarré en tant que secrétaire d\’État auprès du premier ministre chargé de la Recherche scientifique et de la Technologie de 1999 et 2000, puis ministre de la Santé publique en 2001 dans le gouvernement Mohamed Ghannouchi I. Après la révolution, il devient ministre de la Défense. Le 6 septembre 2017, il fait son retour comme ministre de la Défense nationale.

    Après la mort de Béji Caïd Essebsi, plusieurs partis politiques annoncent leur soutien à sa candidature à l\’élection présidentielle. Un élan de soutien qualifié de spontané envers lui voit le jour et les appels se multiplient pour qu’il dépose sa candidature. Toutefois, Abdelkrim Zbidi reste méconnu du grand public. Une grande partie des citoyens ne savent rien de lui, encore moins de ses positions ou de ses orientations. Avare en apparitions médiatiques, le ministre de la Défense, présenté comme homme de confiance de Béji Caïd Essebsi, reste malgré tout un inconnu pour le citoyen lambda.

     

    Toujours est-il, la campagne électorale reste déterminante dans toute élection présidentielle. Tout se joue dans les dernières semaines. Cette dernière ligne droite devra sceller le sort des deux candidats. Outre le fait que Youssef Chahed soit Tunisois et Abdelkrim Zbidi soit originaire du Sahel – le duel classique – tout va se jouer sur les éventuelles alliances et les soutiens des partis politiques pour les deux candidats. Président de Tahya Tounes, Youssef Chahed a, désormais, un appui partisan. Quant à Abdelkrim Zbidi, il bénéficie, actuellement, du soutien de Nidaa Tounes et de Afek Tounes. Certains parlent même du soutien de l’UGTT. Cependant, le parti Ennahdha n’a pas encore prononcé son dernier mot. Sa position s’avère importante tenant compte du poids de son réservoir électoral. Sa décision sera prise demain par le conseil de la Choura qui lui, aussi, est partagé. Le soutien envers un candidat peut être une arme à double tranchant, puisqu’il peut dissuader la classe progressiste qui pourra voir dans le candidat privilégié du parti islamiste, l’oiseau rare qui prêtera ses services aux dirigeants de Monplaisir.

     

    En tout état de cause, Youssef Chahed et Abdelkrim Zbidi ont chacun ses chances pour la présidentielle surtout si l’un d’eux parvient à accéder au second tour. Oui, parce que, faut-il encore le rappeler, d’autres candidats de taille sont en lice, comme le patron de Nessma, Nabil Karoui, qui, lui, a réussi à décrocher la sympathie d’un large pan de la société tunisienne, à travers sa chaîne et son association caritative, « Khalil Tounes ». La campagne électorale ne fait que commencer et elle servira celui qui saura en tirer profit.

     

    Sarra HLAOUI

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