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Fumons la démocratie

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    La démocratie, c’est aussi ce principe de gouvernance le plus humain, qui comme tout principe, tolère bien des écarts pour pouvoir survivre.

     

    Ainsi en Italie, l’extrême droite de Matteo Salvini, donnée favorite et première de tous les sondages, s’était crue autorisée à pouvoir initier une crise gouvernementale pour contraindre une dissolution du parlement et provoquer une nouvelle élection législative dont il semble incontestable d’après les sondages, qu’elle serait sortie première.

     

    Conte, le Premier ministre italien sortant, a été plus malin et est allé chercher le Parti Démocrate pour constituer une nouvelle majorité avec son allié le mouvement 5 étoiles.  Et jeudi 5 septembre au petit matin, le deuxième gouvernement Conte est entré en fonction, évitant ainsi une élection législative et écartant du même coup Salvini et sa Ligue des affaires. Le monde applaudi la stratégie qui a consisté à empêcher l’extrême droite de prendre le pouvoir … par les urnes. Suffrage universel d’accord, mais pas n’importe quand. Démocratie d’accord, mais pas pour n’importe qui. #DeuxPoidsUneMesure

     

    Mais c’est l’Italie direz-vous, tout ça c’est latin, on est dans le verbal, dans la théâtralisation, on en rajoute, des grands mots, la scène.

     

    Soit. Alors allons du côté des Anglais.

     

    La Grande-Bretagne a voté par referendum, il y a quelques temps déjà, sa sortie de l’Union européenne, comme on voudrait sortir l’œuf d’un cheese-cake.

     

    Théresa May, l’ancienne Premier ministre s’y est cassé les dents. Branle-bas de combat au Royaume d’Angleterre et les Conservateurs désignent finalement l’inénarrable Boris Johnson, nouveau Premier ministre de sa majesté. Lequel annonce la sortir de gré ou de force de l’Union européenne le 31 octobre 2019, avec ou sans deal,  « Sans si et sans mais », et surtout sans être gêné d’emprunter cette dernière phrase à Napoléon, assassiné quelques siècles plus tôt par le Royaume.

     

    En pendant que, dans un nouvel opus, James Bond part à travers le monde, défendre la Reine, ses lords et sa Démocratie, notre cher Boris Johnson, pour pouvoir passer en force, tente d’abord de mettre tout ce monde-là, et surtout les députés en congé. Et ensuite et par voie de conséquence, de bâillonner la démocratie du 9 septembre au 15 octobre afin de pouvoir Brexiter à sa guise, et à ses conditions, c’est-à-dire sans conditions.

     

    La Reine, scrupuleuse du respect de la constitution, a signé la loi anti démocratique qui met le parlement en vacances, parce que la constitution lui impose de la signer. #Pasde ParalleleHatifSilVousPlait

     

    Le parlement se rebelle, et en 48 heures, arrive à mettre le BoJo, c’est ainsi que le surnomment les britanniques, dans le coin du ring. On ne plaisante pas avec la démocratie en monarchie de l’outre-manche.

     

    L’opposition s’organise, les travaillistes travaillent et ratissent à tout bout de champs.  BoJo encore lui, monte en pression et parle d’une dissolution et d’une élection générale mi-octobre, élection que les sondages donnent très largement favorable aux brexiteurs sans deal. Bojo est serein, il a une majorité parlementaire, il a une majorité dans les sondages, la démocratie est de son côté. Mais être de son côté ne veut pas dire être à lui.

     

    Le rapport de force s’inverse, le mardi 3 septembre, à 20 heures, par une majorité de 328 voix contre 301, le parlement reprend la main et prend la décision de fixer, lui, l’ordre du jour du lendemain. Johnson a perdu sa majorité. Le reste devient la chronique d’une mort annoncée.

     

    C’est ainsi que le mercredi 4 septembre les députés de l’opposition rejoints par 21 conservateurs, votent la loi « anti no-deal » : si le 19 octobre, le très diplomate Boris Johnson n’obtient pas d’accord avec l’Union européenne pour une sortie « dealée », il devra demander un nouveau report au 20 janvier 2020.

     

    Parlement 2, exécutif 0.

     

    Mais ce n’est pas fini. Et dans le temps additionnel, à 21h30 de la même journée, les députés votent contre la dissolution et de nouvelles élections en octobre qui auraient permis au camp du Brexit sans deal de se renforcer nous disent les sondages. Les jusqu’au-boutistes ne passeront pas par les urnes, la démocratie est sauvée. #unPoidsetMilleMesures

     

    Et pendant ce temps, une planète qu’on massacre, fait, elle, aussi n’importe quoi. Un Ouragan qu’on a appelé Dorian cette fois, a ravagé les Bahamas, brisé 43 vies dans un bilan encore provisoire, alors que des milliers de personnes sont encore portées disparues. #laTerreSeRebelle

     

    L’Amazonie continue de brûler, le poumon de la planète se transforme en CO2 incandescent. Mais on continue à débattre de la souveraineté brésilienne, et de son droit à faire ce qu’elle veut sur son territoire, même s’il abrite 20% de l’oxygène du monde, et qu’il brûle. On était moins regardant avec la souveraineté irakienne, quand le sanguinaire Saddam Hussein avait mis le feu à ses puits de pétrole, qui assuraient 20% du pétrole mondial. #laDemocratieEnTorche

     

     

    Et L’Homme comme pour se punir de ce qu’il fait subir à tout ce qu’il croise, son prochain, sa prochaine, sa planète, l’Homme, lui aussi, fume. Et parce qu’on est entré dans la génération 2.0, c’est de l’électronique qu’on fume. Mais qui tue tout autant, on commence à l’apprendre. On ne nous dit pas encore quelle substance tue, ou plutôt personne n’est encore d’accord sur quelle substance tue, mais le décompte macabre commence. Et pendant que les lobbys s’étripent pour savoir qui du THC, ou de la vitamine E incandescente nous empoisonne, nous en sommes déjà à 5 morts et 450 blessés. #laMortauxTrousses

     

    Je ne changerai donc pas ma photo de profil, cigarette au bec, que j’ai cessé pourtant de fumer depuis un an. Je ne changerai pas cette photo, parce qu’elle suscite le débat. Débat qui, il y a maintenant un an, m’a amené à arrêter de fumer. #merciAnissa #merciYves #merciClaudine

     

    La semaine est finie, cette chronique aussi, vous pouvez couper vos smartphones et revenir à vos portables.

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