L\’ancien ministre de l\’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi a appelé, lors de son passage sur la chaîne télévisée El Hiwar Ettounsi ce lundi 23 septembre 2019, à libérer le candidat à la présidentielle et président du parti « Au cœur de la Tunisie », Nabil Karoui incarcéré depuis le 23 août 2019 pour des suspicions de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.
Invité de Myriam Belkadhi, l’ancien ministre des Finances par intérim a assuré sa solidarité avec Nabil Karoui et sa famille exhortant les autorités impliquées à accélérer sa libération soulignant qu’avoir un candidat passé au 2ème tour de la présidentielle en prison nuisait à l’image de la Tunisie à l’étranger.
« Je ne suis pas un magistrat et je ne détiens pas le dossier de l’affaire mais j’ai confiance en l’indépendance de la justice qui doit prendre en considération qu’un candidat a obtenu 15,5% des voix alors qu’il est emprisonné. J’aime Nabil Karoui et je le respecte car c’est un homme brillant, patriotique, brave et courageux et je suis certain que s’il était sur terrain, son résultat au 1er tour aurait été meilleur. Les élections législatives auxquelles son parti prendra également part ne se dérouleront pas non plus de la même manière si Nabil Karoui reste en prison. Son absence de sa campagne électorale est un énorme obstacle et une honte pour la démocratie naissante », précise Fadhel Abdelkefi.
Fadhel Abdelkefi vient ainsi rejoindre le président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), Nabil Baffoun ainsi que le candidat à la présidentielle, Abdelkarim Zbidi ayant aussi, de leurs côtés, appelé à la libération immédiate de Nabil Karoui.
Fadhel Abdelkefi a, par ailleurs, réitéré son appui à Nabil Karoui déclarant qu’il avait voté pour lui au 1er tour de la présidentielle et qu’il compte voter pour lui de nouveau au 2ème scrutin présidentiel ainsi qu’à son parti « Au cœur de la Tunisie » aux législatives. Il a, dans ce sens, appelé les électeurs à faire ce même choix afin de « stabiliser le pays » relevant que ce choix ne relevait pas de l\’opportunisme et qu’il ne cherchait pas les postes de pouvoir.
Interrogé sur l’éventualité de devenir chef du gouvernement, M. Abdelkefi a précisé qu’il doit être convaincu de sa capacité à servir le pays soulignant la nécessité d’être entouré d\’une équipe « distinguée et complémentaire » œuvrant essentiellement sur les questions économiques à l’instar de l’industrie, du commerce et de la coopération internationale. « Si je suis nommé à la tête du gouvernement, outre mon souhait de voir 15 membres constituant le gouvernement, les premières priorités seront d’instaurer un nouveau mécanisme de lutte contre la pauvreté, de libérer le dinar et de s’attaquer aux problèmes de change. Dans ce sens, la première réunion gouvernementale sera avec l’Utica et l’UGTT. La 3ème priorité sera de renforcer la coopération avec l’Algérie sur le plan économique vu sa proximité de la Tunisie », affirme Fadhel Abdelkefi.
Concernant son éventuelle intégration d’un parti politique, M. Abdelkefi a assuré qu’il demeurera indépendant et n’adhérera pas au parti de Nabil Karoui. « J’ai rompu mon silence parce que Nabil Karoui est en prison. Peu importe ce qu’il aurait pu faire, il restera toujours mon ami. Il manque à tout le monde mais je n’intégrerai pas son parti », ajoute Fadhel Abdelkefi.
Revenant sur l’affaire de l’infraction douanière ayant entraîné sa démission du gouvernement et dans laquelle il a été définitivement blanchi, Fadhel Abdelkefi a précisé qu’il avait « tourné la page et que, contrairement à ce qu’il a été diffusé, il n’avait de problèmes avec personne ». « Je ne veux pas donner l’image d’un pleurnichard, c’est fini à présent. Je ne souhaite pas non plus envenimer la situation, surtout avec Youssef Chahed. Je voulais poursuivre ma mission au sein du gouvernement parce qu’il y avait ce sentiment d’inachevé. Il avait déclaré aux médias que nous étions amis et qu’il considère que mon retrait du gouvernement était une grosse perte et je le remercie pour cela » a affirmé Fadhel Abdelkefi.
En ce qui concerne le projet économique du parti « Au cœur de la Tunisie », Fadhel Abdelkefi a assuré qu’il faisait partie de l’équipe qui avait travaillé sur la conception de ce projet pendant des mois et qu’il était par ailleurs parmi les premiers à avoir contribué au sein de l’association caritative de Nabil Karoui, Khalil Tounes.
« Plusieurs secteurs sont défaillants aujourd’hui en Tunisie et 15% des Tunisiens vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Ce taux s’élève à 50% dans certaines régions si nous incluons l’éducation et la santé et cela est inacceptable. Il faut, en premier lieu, établir la confiance entre le gouvernement, les administrations, les partis politiques, les hommes d’affaires, l’UGTT et l’Utica. Aussi, abroger certaines lois et en amender d’autres. Je suis convaincu que la Tunisie pourrait devenir un hub pour l’éducation et la santé pour l’Afrique, un domaine des finances comme l’île Maurice aussi bien qu’une zone industrielle pour les Européens. Aujourd’hui, le projet économique de l’UGTT a des similarités avec le projet du parti « Au cœur de la Tunisie ». La Tunisie ne doit pas avoir peur de l’ouverture et nous devons être pragmatiques et résoudre nos problèmes au cas par cas », ajoute Fadhel Abdelkefi.
B.L










