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Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule

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    Le comble de la bêtise est d’attendre que les mêmes causes produisent des effets différents. Ce simple constat, à l’évidence bien clair, semble échapper aux leaders de la famille démocratique tunisienne. La récente passe d’armes par médias interposés entre Youssef Chahed et Abdelkarim Zbidi en est une flagrante illustration.

    Combines, peaux de banane, attaques sous la ceinture, tout y est. Les deux anciens candidats semblent n’avoir rien saisi au message adressé par le peuple tunisien au premier tour de la présidentielle. Ils avaient pourtant assuré qu’ils avaient compris, mais il n’en est rien. Les deux perdants de l’élection se sont donnés en spectacle et Abdelkarim Zbidi s’est illustré par une déclaration violente à l’égard du chef du gouvernement. Il a dit qu’il était la cause de la faillite économique et politique du pays et qu’il devait démissionner.

    M. Zbidi se dédouane allégrement de toute responsabilité dans le bilan d’un gouvernement dont il fait partie. Lui ne porte aucune responsabilité dans l’effritement de la famille démocrate. Il n’est aucunement responsable du fait que cette famille politique ne soit pas représentée au deuxième tour de la présidentielle. On a essayé de le vendre aux électeurs en homme d’Etat qui connait les rouages et les procédures, sensible au prestige de l’Etat. Voilà qu’il se met à dénigrer publiquement le chef de son propre gouvernement. Donc, pour le prestige de l’Etat, on repassera.

    Il faut dire aussi que la « main tendue » de Youssef Chahed à Abdelkarim Zbidi est d’un certain mauvais goût. Se rappeler subitement que l’on fait partie du même camp, après s’être livré une guerre sans merci à base de rumeurs et d’attaques en tout genre, est franchement inopportun. Youssef Chahed et son parti ne peuvent plus aujourd’hui faire les saintes-nitouches et prétendre réunir la famille démocrate après avoir mis un soin si méticuleux à la détruire. Dans sa volonté de rebondir après la défaite cuisante de la présidentielle, Youssef Chahed essaye de faire feu de tout bois et de rassembler les bribes de cette famille politique. Sauf que les autres ne vont pas oublier à quel point il a été, lui et son parti, hautains et sourds, à quel point les leaders de Tahya Tounes sont enfermés dans leur tour d’ivoire. Ils n’oublieront pas que certains fondateurs du parti ont été mis à l’écart au profit des parasites et des affairistes. Ils n’oublieront pas non plus que Youssef Chahed et Tahya Tounes ne sont pas des partenaires fiables avec lesquels il est possible de travailler et d’avancer.

    Un autre incident est passé inaperçu avec la densité de l’actualité du moment. Le ministère des TIC a répondu, à travers un communiqué, à une déclaration du ministre de l’Education, Hatem Ben Salem. Ce dernier s’était livré à une évaluation des réalisations faite dans les TIC ce qui a déclenché la colère et le communiqué piquant du département en question. Si le chef du gouvernement et le ministre de la Défense se crêpent le chignon, il devient tolérable que deux autres ministres se contredisent et se répondent par communiqués interposés. Un incident totalement inédit qui montre à quel point la solidarité gouvernementale est respectée, le tout dans le silence assourdissant du chef de cette équipe.

     

    « Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule », célèbre formule empruntée au politicien et ancien ministre français, Jean-Pierre Chevénement, illustre parfaitement l’obligation de réserve, de discipline et le sens de l’Etat, que tout ministre se doit d’avoir. Maintenant que les bénéfices électoraux n’existent plus, certains ministres semblent se lâcher et faire fi de toutes ces obligations.

    Les leaders de la famille démocrate n’ont pas compris que leurs méthodes, leurs discours, leurs héritages politiques ne servent plus à rien dans la configuration actuelle de la Tunisie. Ils vont le voir à leurs dépens au lendemain du 6 octobre prochain, quand ils se prendront la deuxième baffe électorale qui va les mettre, définitivement, hors du champ politique. 

     

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