Plusieurs changements sont perceptibles dans le discours politique fourni par le parti islamiste Ennahdha pour sa campagne législative. Le ton a été donné par le chef du parti lui-même, Rached Ghannouchi, lors du meeting tenu à Médenine dimanche 29 septembre 2019.
Ainsi, Ennahdha s’inspire librement du concept de vote utile qui avait provoqué sa défaite en 2014 pour le servir aux électeurs islamistes et sympathisants des milieux prétendument révolutionnaires. Le parti islamiste se présente donc comme le choix « utile » pour ces électeurs car c’est le parti qui a le plus de chances de gouverner par rapport aux « forces contre-révolutionnaires ». Ces dernières, selon le discours islamiste, ont à leur tête le parti fondé par Nabil Karoui, Au cœur de la Tunisie.
Cette idée est martelée et reprise par les leaders d’Ennahdha dans chacun de leurs meetings. Ennahdha est un parti qui croit en la révolution et qui l’a défendue et c’est le parti qui a la capacité de gouverner, donc pour voter utile, il faut voter Ennahdha.
Une rhétorique redoutable qui prend pour cible l’électorat de Kaïs Saïed et qui vise également l’électorat de Safi Saïd, Lotfi Mraïhi et de la coalition Karama. Ennahdha opère un repositionnement stratégique pour se mettre dans la roue des défenseurs de la révolution en prétendant avoir tout fait pour limiter le dégâts au cours de son alliance avec Nidaa Tounes. Les résultats du 6 octobre montreront si cette tactique est efficace.
M.A










