La dirigeante au sein du Courant démocratique (Attayar), Samia Abbou, a déploré ce mardi 8 octobre 2019, sur Shems FM, le faible taux de participation aux élections législatives.
« Près de 60% des électeurs n’ont pas fait leur devoir, je leur dis que leur pays en pâtira à cause de 5 minutes qu’ils n’ont pas voulu lui octroyer » a déclaré Samia Abbou.
« Si l’amendement du code électoral était passé, nous ne nous serions pas retrouvés dans une telle configuration et devant une telle composition. Il y a des députés qui reviennent et sur lesquels planent des suspicions de corruption, il y en a qui ont des affaires en cours devant la justice et d’autres qui ont nui à l’Etat et cela est honteux. Qu’on les retrouve bénéficiant d’une immunité, d’un siège et décidant pour le pays, cela me dérange profondément. Pour les nouveaux aussi ces cas de figures existent surtout pour des affaires de blanchiment. Un électeur ne va pas fouiner dans la vie d’un candidat mais nous devions bénéficier d’un code électoral qui protège le pays et le paysage politique » a affirmé la députée.
Pour ce qui est de répondre aux questions sur une éventuelle alliance avec Ennahdha, Samia Abbou a expliqué que le parti islamiste savait pertinemment en lançant l’appel qu’Attayar n’accepterait jamais de s’allier avec lui mais qu’il l’a fait pour justifier plus tard la coalition avec Qalb Tounes, parti qu’il a qualifié de « corrompu ».
« Ils veulent se faire rejeter pour venir dire après que les partis qui prônent les valeurs de la révolution n’ont pas voulu d’eux. Evidemment qu’Ennahdha va s’allier avec Qalb Tounes il n’y a aucun doute sur ça, mais ce sera fait après la présidentielle. On a beau dire le contraire, c’est le scénario des lignes parallèles de Nidaa qui va se reproduire. Attayar, ils savent très bien que les chances d’une alliance sont impossibles, nous n’avons pas les mêmes valeurs et nous n’avons eu de cesse de leur signifier cela. Ennahdha de 2011 n’est pas celle de 2019, elle a mené le pays au précipice ! Si Ennahdha veut faire des alliances il y a des partis qui lui ressemblent, Qalb Tounes par exemple ou encore Al Karama ou Errahma. S’il arrive à constituer un gouvernement et qu’il lui manque quelques voix nous pourrons aider, mais toujours sous la casquette de l’opposition » A-t-elle ajouté.
Samia Abbou est revenue sur les conditions énumérées hier par Mohamed Abbou pour s’allier avec Ennahdha, expliquant que si les ministères de l\’Intérieur, de la Justice et de la Réforme administrative seront des prérogatives d\’Attayar, ce serait comme si le parti était arrivé premier aux élections car cela lui permettrait de réaliser son programme. « Ennahdha n’acceptera jamais ces conditions et nous refusons de jouer le décor » a-t-elle conclu.
M.B.Z










