Une vague assez curieuse déferle sur le monde. Cette vague lorsqu’elle n’est pas populiste, elle est démagogique, stigmatisante ou encore extrémiste. Quand on a de la chance, elle peut être les quatre. Et la Tunisie est connue pour avoir de la chance… mais chut, c’est silence électoral, et on n’a pas le droit de dire que les heures qui viennent seront sombres et difficiles. Et que la société civile doit prendre des forces, car elle va avoir de nombreux combats à mener.
En Syrie, ce n’est pas silence électoral, et pourtant on ne dit pas tout. Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde disait Camus. N’ayons donc pas peur des maux ; la Turquie a déclaré la guerre aux Kurdes et a envahi la Syrie. Ça va mieux en le disant.
Pourquoi cette nouvelle guerre ? Parce que les Kurdes depuis toujours ou quasiment, occupaient en Syrie trois zones de territoire à la lisière de la frontière Turque. Que depuis la guerre que mènent les Kurdes (les YPG, Unité de protection du peuple) contre Daech, ils ont pu, en reprenant les territoires qu’avaient conquis les terroristes, unifier leurs trois territoires en une longue bande qui fait face à la Turquie.
De là à ce que les Kurdes turcs se sentent pousser des ailes et veuillent faire pareil, il n’y a qu’un pas qu’a franchi l’imaginaire prolixe de Recep Tayyip Erdoğan.
Il faut donc fragiliser les Kurdes, et la guerre est pour se faire une bonne option. La Turquie a donc décidé d’envahir la Syrie pour aller tuer les Kurdes. L’équation n’est autre que celle-là.
Que les Kurdes aient permis depuis 2015 de freiner, puis de stopper et enfin de faire reculer les terroristes de Daech, ça ne compte pas beaucoup. Que le fait de bombarder cette zone va provoquer la libération des milliers de prisonniers daechiens, importe peu face à la menace d’un Kurdistan libre. Que des populations entières aient de nouveaux le choix restreint de mourir déchiquetées sous les bombes, ou de mourir noyées sur les plages des voies migratoires importe si peu face à la si grande menace des Kurdes.
L’Europe vocifère, mais personne ne l’écoute depuis bien longtemps, l’Amérique hésite, elle n’écoute plus personne depuis bien longtemps.
Erdoğan a appelé cette opération « le Printemps de la paix », drôle de nom pour l’automne de l’humanité. Le sentiment pas l’espèce. #shameonus
Pendant ce temps, les attaques terroristes continuent à alimenter le quotidien de la vieille Europe. A Paris, ce sont quatre policiers égorgés ou poignardés selon qu’ils étaient hommes ou femmes par un fou furieux qu’on appelle terroriste ou islamiste ou musulman radical en fonction du degré de l’honnêteté intellectuelle. Il n’en reste pas moins que quatre martyrs sont morts, lors de ces débats nauséabonds, que quatre familles sont brisées, et qu’une nation les pleure.
A Manchester ce ne sont heureusement que cinq blessés qui souffrent de la folie d’un homme dans un centre commercial. La piste terroriste n’est là pas confirmée.
Enfin à Halle en Allemagne, c’est dans une synagogue, en plein Youm Kippour, qu’un fou furieux antisémite, ce qui n’est d’ailleurs pas antinomique de terroriste, a tué deux personnes. Là aussi, ce sont deux victimes innocentes, pléonasme s’il en est, deux familles tout aussi brisées et une communauté meurtrie. #cestlhumanitequonassassine
Et dans ce contexte international morbide, le prix Nobel de la paix a été attribué au Premier ministre éthiopien, arrivé au pouvoir en avril 2018 après quasi trente ans d’un régime autoritaire. Et en un peu plus d’un an, Abiy Ahmed, c’est son nom, a libéré tous les dissidents politiques de son pays, a reconnu la culpabilité de l’Éthiopie envers les opposants politiques qui avaient été opprimés, assassinés ou encore torturés. Il a également, et c’est un exploit, réussi à signer la paix avec l’Érythrée voisin. Rendez-vous le 10 décembre pour la remise du prix à Oslo. #lafoi
Notons que la jeune Greta Thunberg était donnée favorite pour ce prix. « Trop jeune, a considéré le comité. Et le lien entre changement climatique et conflit armée reste à démontrer ». #sanscommentaire
Finalement ce sont toujours ceux qui font ce qu’ils ont à faire qui sont récompensés…
Bon vote à tous et n’oubliez pas que tout le monde vote, même ceux qui s’abstiennent. En déléguant leur parole à ceux qui crieront le plus fort. #aupointouonest
Et n’oubliez pas, au royaume des torchons, on essuie les verres quand ils sont vides.
C’est la fin de ce trip, c’est la fin de la semaine, éteignez votre smartphone.
One more thing… non rien. C’est silence éléctoral.










