Après plus de 30 ans, Porsche fait son retour en compétition monoplace. La nouvelle 99X Electric a complété la semaine dernière ses premiers tours de circuit lors des essais officiels de la saison 2019/2020 du Championnat ABB de Formule E de la FIA. A l’instar des autres équipages engagés dans la compétition, les deux pilotes de l’équipe TAG Heuer Porsche Formula E Neel Jani et André Lotterer ont pris part aux trois journées d’essai sur le circuit Racardo Tormo de Valence (Espagne), en préparation de la première manche de la compétition, qui se déroulera le mois prochain.
La team Porsche fera ses débuts en Formule E les 22 et 23 novembre au circuit urbain de Dariya, en Arabie saoudite, un véritable baptême du feu considéré par les pilotes de la compétition comme une épreuve «très difficile». Pour sa première année en Formule E, Porsche sera en concurrence avec 10 constructeurs différents pour un total de 12 équipes engagées : un record pour le championnat. La Porsche 99X Electric fera ses débuts en compétition lors de la première manche de la sixième saison de Formule E, sur un circuit urbain à proximité de Riyad tracé sur un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
L’enjeu est de taille, car la première manche du championnat tout-électrique comporte deux courses. Le pilote André Lotterer, qui a rejoint la team Porsche cet été, est convaincu que l’équipe va beaucoup apprendre de cette expérience, et que les ingénieurs pourront jouer cette année un rôle plus important grâce aux nouvelles règles introduites par la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA).

S’exprimant à l’occasion du lancement de la «Dariya Season», un mois d’événements sportifs comprenant notamment les épreuves de Formule E, André Lotterer a déclaré : «C’est une épreuve passionnante. Le circuit de Dariya est le meilleur tracé du championnat : bien qu’il soit très difficile, je le trouve particulièrement excitant, d’autant plus que j’ai changé d’écurie et que j’ai rejoint l’équipe Porsche. Il est certain que nous aurons beaucoup à apprendre pour cette première course ensemble, mais je tâcherai de leur faire bénéficier autant que possible de mon expérience. Piloter en Formule E, c’est fantastique. À mon sens, c’est la meilleure compétition du moment et le meilleur environnement professionnel. Pour moi, c’est le championnat de l’avenir ».
L’année dernière, André Lotterer s’est mesuré au circuit urbain d’Arabie saoudite avec la team Techeetah et y a remporté la cinquième place. Au terme de la saison, il a terminé huitième au classement des pilotes. Le circuit de Dariya se distingue des autres tracés par le nombre de virages à négocier, au nombre de 21, et par leur degré de difficulté. Le parcours se compose de nombreuses côtes, obligeant ainsi les pilotes à négocier dans le même temps les pentes et les courbes, mais aussi à gérer la succession rapide des montées et des descentes. Le tracé compte également l’une des plus longues lignes droites du championnat, où les pilotes doivent faire parler la pointe de vitesse de leurs machines.
Pilote d’usine Porsche depuis 2017, André Lotterer participe également au championnat tout électrique depuis la saison 2017/2018. En juillet dernier, il a rejoint l’équipe TAG Heuer Porsche Formula E pour faire équipe avec Neel Jani. Également pilote d’usine Porsche depuis 2013, le Suisse a mené en 2016 la Porsche 919 Hybrid à la victoire au classement général aux 24 Heures du Mans et remporté cette même année le Championnat du monde d’endurance de la FIA.
Interrogé au sujet de sa première course en Arabie saoudite, Neel Jani déclare : «C’est un événement spécial avec une part d’inconnu. A bien des égards, c’est une véritable aventure. En ce qui me concerne, je dirais même qu’il s’agit d’un défi d’un genre nouveau. J’ai vraiment hâte de lancer notre première saison en Formule E».
Il ajoute : «Le circuit de Dariya semble particulièrement complexe, ardu et technique. Heureusement, nous avons en Allemagne un excellent simulateur, qui va vraiment nous permettre d’apprendre chaque courbe par cœur. Bien sûr, nous préparons la voiture du mieux possible, mais il n’en demeure pas moins que notre équipe débute dans cette compétition et que nous avons beaucoup à apprendre. Par exemple, nous devons appréhender la gestion du week-end : c’est quelque chose que nous ne pouvons pas apprendre avant la compétition. La première épreuve sera donc un véritable défi pour nous.»

Comme toutes les voitures qui prennent part à la compétition, la Porsche 99X Electric est de génération «Gen 2». Elle est donc dotée du même châssis et des mêmes batteries que ses concurrentes, conformément au règlement de la FIA. En revanche, tous les composants du groupe motopropulseur sont développés par les constructeurs. Les ingénieurs Porsche ont donc carte blanche pour la conception des moteurs électriques, des onduleurs, du système électrique de freinage brake-by-wire, de la transmission, des différentiels, des arbres, des éléments de suspension du train arrière ainsi que du système de refroidissement et de l’unité de contrôle moteur (ECU).
En Formule E, l’efficience énergétique du groupe motopropulseur joue un rôle déterminant. Les nouvelles règles introduites par la FIA pour la saison 2019/2020 renforcent l’importance de ce domaine crucial : désormais, les pilotes ne peuvent plus conserver l’énergie pendant les neutralisations. C’est un véritable retour aux conditions des premières saisons de la Formule E, quand les pilotes trop téméraires épuisaient les réserves d’énergies de leur voiture et devaient s’arrêter à quelques mètres de l’arrivée.
Pour André Lotterer, le nouveau règlement constitue une évolution positive : «Avec les nouvelles règles, quand la course est neutralisée avec la safety car, un drapeau rouge ou encore un drapeau jaune (full-course yellow), les pilotes ne peuvent pas conserver l’énergie de leurs voitures. Cette évolution aura une incidence sur la stratégie des équipes engagées et changera la dynamique de la course, ce qui rendra la course encore plus intéressante pour le public.»
Communiqué










