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Darwinisme et bonne foi

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    Pendant que la Tunisie clôturait à la perfection un nouveau round démocratique par le second tour de son élection présidentielle, le monde, darwiniste, tente de s’adapter aux Hommes, dont certains semblent totalement hermétiques à toute évolution. Se rendre à l’évidence est un parcours parfois sinueux et difficile, que quelques-uns ne veulent pas prendre.

     

    Ainsi le peuple chilien a décidé d’accompagner ses autorités aux portes de l’évidence, celles des inégalités dans lesquelles il vit depuis trop longtemps, celles d’un pays où 26,5% des richesses sont détenues par 1% de la population, nous dit l’Onu par la voix de sa Commission Économique de l’Amérique Latine et des Caraïbes, celles d’une ancienne dictature où 20 familles seulement se partagent 80% des richesses de ces 1%. 

     

    Le Chili qui sous certains aspects peut faire envier par ses chiffres, une croissance de 2,5%, un PIB par habitant de plus de 15 000 dollars, soit le plus élevé de l’Amérique latine, le Chili ultra libéral de Pinochet brille aussi par ses inégalités qui n’ont pas réussi à être gommées depuis l’avènement démocratique. Et l’ultra libéralisme demeure. Les études au Chili figurent parmi les plus onéreuses au Monde. La fin du parcours n’est pas plus brillante, avec une retraite qui se fait par capitalisation privée, c’est-à-dire que ces chers fonds de pensions prélèveront 10% du revenus de leurs adhérents pour leur reverser, une fois gavés, quelques 370 euros par mois, bien en dessous du salaire minimum local qui vient d’être instauré. 

     

    Le peuple s’en soulève, et nous en sommes déjà tragiquement à plus de 15 morts. Face à une demande massive de justice sociale, qu’il convient d’encadrer par un déploiement de 20 000 militaires, parce que la justice sociale ça peut être un trouble à l’ordre public semble t-il, le Président Pinera répond pour le moment par une stabilisation du prix de l’électricité, l’instauration donc du salaire minimum, l’augmentation des retraites, et l’arrestation de 5400 personnes.

     

    Celui qui a décidé d’augmenter le prix des transports et se disant que ça passerait, augmentation qui a été le déclenchement de ce soulèvement, doit être encore en état de choc devant son ordinateur, se demandant quelle formule n’a pas fonctionné dans son tableau excel pour qu’on en soit là. En Théorie ça fonctionne toujours, c’est en pratique que la vie est compliquée. #dirigeantsbinaires

     

     

    Ainsi, le Liban lui aussi se soulève, parce qu’un adepte assez particulier du darwinisme a décidé de s’adapter à l’économie 2.0 et a trouvé intelligent de vouloir taxer l’utilisation de whatsapp. Le même tableau excel que son collègue chilien, la même formule qui n’a pas fonctionné. Les mêmes théories dans la même pratique, avec des Hommes aux manettes, ça crée forcément les mêmes résultats.

     

    Le Liban est dans une situation économique des plus fragiles et des plus inquiétantes. Tellement inquiétante que la France a accueilli en avril 2018 une conférence sur sa situation de quasi-faillite avec deux responsables majeures identifiés, la corruption et la dette qui sert à la financer.

     

    Mais depuis aucune réforme n’a été engagée ou à peine.  Saad Hariri, Premier Ministre d’une coalition libanaise aussi fragile que son économie, a été plus malin que tout le monde et s’est immédiatement démarqué en se rangeant du côté des manifestants. Il a appelé à la suspension immédiate de la taxe whatsapp et a ordonné à tous ses partenaires de cesser de le bloquer et de se dépêcher de passer ses réformes.

     

    En politique ca s’appelle la stratégie Söze, de Keyser Söze, héros du film Usual Suspect. « Bravo continuez, merci !  Et je vais vous désigner les coupables. Ce sont aussi accessoirement mes ennemis. ».

     

    En attendant de savoir si Saad Hariri partira avec l’eau du bain, la mobilisation reste forte et aussi bien le premier ministre, ledit Saad Hariri musulman sunnite, que le résident Chrétien Michel Aoun, ou le président de l’assemblée, le musulman Chiite Nabih Berri, tous trois sont menacés dans leurs postes. Le peuple semble en avoir un peu marre d’un Liban sur lequel un petit nombre semble faire main basse depuis des années. #unegrandenation

     

    Nous pourrions continuer avec Hong Kong et sa révolte plus populaire que l’est la république de Chine qi a du mal à évoluer, comme nous pourrions revenir sur l’Algérie, du mois de février de cette année, la Tunisie ou l’Égypte de 2011, le Brésil de 2013, le fait est qu’un vent d’évolution balaie le monde et que les dirigeants doivent s’adapter aux aspirations plus égalitaires de peuples qui trouvent que la rudesse de la vie devient difficilement supportable face à une classe dirigeante qui semble figée dans le temps. #thejoker

     

     

    On ne peut pas finir ce trip sans un point Brexit. La Grande Bretagne continue sa valse assez inédite entre sa primature, son parlement et Bruxelles. Une valse qui, à considérer qu’elle ne l’était pas encore, devient risible.

     

    On récapitule donc pour la postérité.

     

    Boris Johnson, Bojo, avait fini par obtenir un accord de Bruxelles sur un deal. Les 27 ont voté ledit accord comme un seul Homme qu’ils n’ont jamais réussi à être. On s’acheminait donc vers une sortie de crise, qui dure depuis tellement longtemps qu’on se demande s’il ne faut pas l’appeler finalement Vaudeville.

     

    Il ne manquait plus qu’une validation par le parlement britannique. De deux choses l’une, les députés ont choisi la troisième. Il ne se prononceront sur le contenu du deal qu’après que Boris Johnson a obtenu un délai supérieur au 31 octobre fixé par Bruxelles (après « après que » on met bien l’indicatif et non le subjonctif, inutile de faire un commentaire pour demander de corriger. Cette faute-là n’en est pas une). 

     

    C’était la mission que lui avait confié par un vote historique le parlement avant que Bojo ne le mette en vacances forcées. Le même parlement, rancunier, n’en démord pas, d’abord le délai, et ensuite on regardera le fond.

     

    En réponse, l’inénarrable Bojo demande au parlement de se dissoudre et d’aller vers des élections anticipées le 12 décembre. Réponse du parlement, lundi 28 octobre.  Et en fonction l’Europe accordera ou pas un rab jusqu’au 31 janvier 2020 à Boris Johnson, date qui a été demandée par les députés britanniques et que Johnson, contraint et forcé, a dû transmettre. #onaepuisétousleshashtagspourlebrexit

     

    Vote encore, mais cette fois-ci plus hasardeux. Le Bolivien Evo morales a été réélu président de la Bolivie au premier tour. La règle électorale en vigueur est assez originale.

     

    Un candidat peut être élu au premier tour s’il obtient la moitié plus une voix, ça c’est classique, ou si, sans obtenir de majorité, a plus de dix points d’écarts avec le candidat arrivé second.

     

    Et en l’occurrence, Morales a obtenu 47,08% des voix, là où Carlos Mesa, le second a obtenu 36,51% des voix.  Morales est donc déclaré vainqueur mais personne n’est réellement convaincu. Ni Mesa, ni la communauté internationale. L’UE, encore elle, recommande un second tour pour sic « rétablir la confiance ».  L’Organisation des États Américains, vieille institution de 1948 qui regroupe quasiment tous les états des Amériques du Nord, du centre et du sud, quant à elle exige de pouvoir auditer les résultats.  En somme à part Cuba, le Venezuela et le Mexique qui ont félicité Morales, les autres regardent cette élection, circonspects pour la plupart, et sans doute envieux pour certains. #darwinismedictatorial

     

    Définitivement la bonne foi ne paie plus. Ou très mal.

     

    C’est la fin de la semaine, c’est la fin de ce trip, vous pouvez couper vos smatphones.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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