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Inquiétudes à la Haica suite à l’arrestation de Sami El Fehri

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    Jeudi 7 novembre 2019, Sami El Fehri devait comparaitre, ainsi que son avocat et l\’administrateur de la chaîne El Hiwar Ettounsi, devant le conseil de la Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica). Sa mise en garde à vue, mardi dernier par le parquet, a fait que cette comparution soit reportée à une date ultérieure.

     

    Sami El Fehri devait répondre sur les raisons de la suppression du spot TV annonçant un documentaire sur les éventuelles malversations financières du parti islamiste Ennahdha. La Haica voulait savoir si Sami El Fehri a subi des pressions politiques ou autres pour qu’il supprime ce spot. S’il n’y a pas eu de pressions, Sami El Fehri aurait donc utilisé sa télévision pour faire du marchandage avec Ennahdha. Dans le premier cas, l’autorité supérieure allait lui apporter tout son soutien et son pouvoir légal pour préserver le droit d’expression et la liberté de la presse en faisant de telle sorte qu’El Hiwar Ettounsi diffuse le documentaire en question. Dans le second cas, s’il est avéré, la Haica allait sanctionner la chaîne, vu que ce type de marchandages est strictement interdit et contraire à la déontologie de la profession.

     

    Hichem Snoussi, membre de la Haica, a exprimé à Business News son inquiétude par rapport à ce dossier vu qu’il n’écarte pas la possibilité qu’il y ait bel et bien eu pression et manipulation politique qui a conduit à l’arrestation de Sami El Fehri. Il fait remarquer que c’est à la justice de déterminer s’il y a eu ou non des malversations et du blanchiment d’argent à El Hiwar Ettounsi, mais la chaîne reste malgré tout une chaîne légale ayant sa licence. Ce qui n’est pas le cas d’autres médias  comme Nessma, Zitouna TV ou la radio du Saint Coran qui n’ont pas de licence de la Haica, la seule autorité de l’Etat qui en délivre, et qui continuent à émettre malgré tout. « Comment ces chaînes fonctionnent, comment paient-elles leur abonnement satellite, comment importent-elles le matériel, qui exige parfois des autorisations douanières lesquelles ne peuvent être délivrées qu’aux chaînes légales… Il y a bel et bien eu des infractions à la loi et on peut même considérer qu’il y a du blanchiment d’argent. Le ministère des Finances est au courant et enregistre du manque à gagner. Pourquoi le contentieux de l’Etat, au nom du ministère des Finances, a-t-il saisi la justice dans le cas de Sami El Fehri et pas dans les autres cas pourtant signalés par l’autorité de tutelle ? », s’est interrogé Hichem Snoussi.

     

    Bon aussi à rappeler, Ennahdha a émis un communiqué dans lequel elle avertit Sami El Fehri que, s\’il diffuse le documentaire, pourrait subir des conséquences judiciaires. Un appel clair et public à la censure exécuté en un temps record sans même que le documentaire soit diffusé.

     

    Un avocat, qui n’est pas spécialement connu pour sa sympathie pour Sami El Fehri et sa chaîne, relève pour sa part « que le parquet n’a pas à arrêter les gens et à faire des descentes à leur domicile, même si cela est légal. Ce n’est pas sa vocation, c’est le rôle d’un juge d’instruction de faire cela, or pour le moment c’est le parquet qui est en train de le faire. Et le parquet est hiérarchiquement dépendant du ministre. Tout cela jette le doute sur cette affaire, même si l’on ne peut pas encore parler du fond ! », relève-t-il.

     

    Après l’emprisonnement de Nabil Karoui en pleine campagne électorale et, maintenant, Sami El Fehri, les inquiétudes se multiplient sur le sort réservé aux journalistes et aux médias. El Hiwar Ettounsi qui, rappelons-le, s’est positionnée contre le pouvoir actuel, que ce soit le parti Ennahdha (1er aux dernières législatives), le chef du gouvernement Youssef Chahed ou encore le président de la République Kaïs Saïed, figure en ligne de mire.

     

    Plusieurs sympathisants de Kaïs Saïed, ainsi que des membres de son premier cercle, mènent depuis quelques semaines de véritables campagnes de lynchage contre la chaîne El Hiwar Ettounsi, son directeur Sami El Fehri et ses animateurs. La chaîne n’est pas l’unique à subir ce type de campagnes de lynchage, plusieurs médias et journalistes ayant un positionnement éditorial indépendant et critique à l’encontre du pouvoir actuel, le subissent également. Business News en fait partie.

     

    N.B.

     

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