Le monde est toujours tiraillé entre flux et reflux, entre jour et nuit, entre blanc et noir, entre rond et plat, le monde est toujours tiraillé, et les Hommes s’entretuaient avec un entrain et un enthousiasme que les cinq mille dernières années n’ont pas altéré. Une constance dans la destruction de son prochain dont on ne peut pas ignorer la linéarité. Tout va mal. Et en temps normal, quand tout va mal, tout va bien.
Au Brésil, ce n’est pas la nativité du Prophète qu’on célèbre, mais la libération de l’ancien président Lula.
Ouvrier dans la métallurgie, il est élu président de la République en 2002 puis en 2006 pour un second et dernier mandat, puisqu’on ne peut pas faire plus de deux mandats de suite au Brésil. Dilma Rousseff, son ancienne cheffe de cabinet, est élue présidente pour lui succéder en 2010. Puis elle-même sera réélue en 2014. C’est aussi à cette date, en 2014, qu’il déclare se représenter pour l’élection de 2018. L’affaire dite Petrobras l’en empêchera. Il sera condamné en juillet 2017 à 9 ans et demi de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent. Il aurait reçu un appartement de la part de la compagnie pétrolière en échange de juteux contrats.
Il hurle au complot et fait appel. En avril 2018, le couperet tombe et les magistrats du second degré aggravent la peine à 12 ans de prison. Il est mis aux écrous le 7 avril 2018, mais se porte quand même candidat. Le peuple ne croit pas en l’indépendance de la justice et les sondages le créditent de 30 à 40% de intentions de votes. Le coup porté n’est manifestement pas assez fort. Le Tribunal suprême ira donc plus loin, et prononcera son inéligibilité malgré l’avis contraire du comité des Droits de l’Homme de l’ONU.
Le peuple, furieux de se faire déposséder de son élection présidentielle élira le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro président de la République. Fin de l’histoire. Neuf années perdues, Et un président d’extrême droite en exercice. On connait la suite.
One more thing… le juge Sergio Moro, qui a eu la tête de Lula, a été nommé ministre de la Justice par Jair Bolsonaro le lendemain même de sa prise de fonction. On connait aussi la suite. #effetpapillon
En Allemagne non plus on ne fête pas la nativité du Prophète, mais les 30 ans de la chute du mur de Berlin. Trente ans que la capitale s’est réunifiée. On ne reviendra pas sur l’Histoire du Monde de la seconde moitié du vingtième siècle, mais on notera cette anecdote de l’histoire. Au début de l’année 1989, Gorbatchev, président russe, en visite en Chine, s’exclame devant la muraille de Chine « très bel ouvrage mais il y a trop de murs entre les Hommes ». Un journaliste lui demande s’il veut faire tomber celui de Berlin. Il répondra pourquoi pas. On connait la suite.
One more thing. Le 15 mai 1988, l’URSS retire ses troupes d’Afghanistan en vue de la fin de la guerre que s’y livrait entre l’armée russe et ceux que les américains avaient réussi à lever contre elles. Et à la tête de ceux que les américains avaient réussi à lever contre les russes, ils avaient mis Oussama Ben Laden. On connait aussi la suite. #effetdomino
En Turquie en revanche, on ne sait pas si c’est lié à la nativité du Prophète qu’ils sont censés fêter, mais le président Erdogan a annoncé au monde qu’il renverrait chez eux les 1150 prisonniers de Daech qui occupent ses prisons. Ils se croient vraiment tout permis ces turcs. Non seulement ils prétendent intégrer l’Europe, mais en plus ils ne veulent plus garder chez eux les laquais serviles d’une cause ignoble. Et tant pis si ceux-là ne sont pas leurs nationaux, quand on est turcs, c’est qu’on en a la tête, et quand on en a la tête, on paie pour le Monde. La messe est dite.
One more thing. Ce n’est pas parce qu’on paie pour le Monde qu’on doit faire payer pour ça les kurdes. #effettranslatif
En Espagne pas très laïque, on n’y fête plus la nativité du Prophète depuis Compostelle. Mais en revanche on vote une énième fois ce dimanche pour mettre fin à cette énième instabilité politique et réussir à avoir un gouvernement qui tienne plus d’un an. Les derniers sondages ne laissent toutefois pas espérer une majorité de gouvernance, et on va droit vers une nouvelle coalition fragile qui ne tiendra pas bien longtemps non plus. Mais heureusement, Franco est désormais à l’abri. #effetrelatif
Alors puisqu’il semble que la nativité n’est la priorité de pas grand monde, permettez votre serviteur d’entraver la règle de laïcité qui l’anime, et de souhaiter à tous ceux qui le célèbrent un mouled mabrouk.
One more thing. Même si le lien direct entre Mouled et Zgougou n’a pas encore été religieusement démontré, je suis preneur de vos bols d’aassida dont ceux de feue ma grand-mère me manquent. On doit arrêter le mojito fraise.
C’est la fin de ce trip, c’est la fin de la semaine, vous pouvez éteindre vos smartphones.










