La présidente du parti destourien libre (PDL), Abir Moussi est intervenue, mercredi 26 février 2020, lors de la séance plénière consacrée au vote de confiance au gouvernement. Elle a de prime à bord commencé par critiquer la composition du gouvernement, « celle-ci est un mélange de ministres de la Troïka, à leur tête le chef du gouvernement et cela nous rappelle la période la plus sombre de notre histoire contemporaine ».
Lisant la biographie d’Elyes Fakhfakh présentée aux députés, Abir Moussi a ironisé sur le fait que le chef du gouvernement désigné se présente comme ayant contribué à contrôler la dette publique : « Oui, en effet, il l’a si bien contrôlée que cette dette a triplé. On nous dit aussi qu’il a su gérer le déficit du budget de l’Etat, alors que celui-ci n’a fait que se creuser ».
La présidente du PDL n’a eu de cesse d’énumérer les actions menées par M. Fakhfakh lorsqu’il était à la tête du ministère des Finances, en les démontant une à une.
S’adressant au chef du gouvernement désigné, Abir Moussi a dit regretter qu’il n’ait pas eu le courage d’assumer son échec à l’élection présidentielle de 2019. Elle l’a taxé de « zéro virgule » en comparant ses propres résultats à la présidentielle aux siens. « Les 11 mille voix que vous avez obtenu à l’échelle nationale, moi je les ai réalisés sur une seule circonscription. Mais aujourd’hui, je me retrouve dans l’opposition et vous chef du gouvernement ! ».
Abir Moussi a enchainé en accusant Elyes Fakhfakh d’avoir commis des infractions quand il était ministre en 2013. Elle s’appuie sur le rapport de la cour des comptes, en rappelant qu’une somme importante s’est volatisée du budget de l’Etat et d’ajouter : « Quand vous étiez ministre, la cour des comptes avait enregistré un flou total autour des recrutements. Quand vous étiez ministre, des compensations ont été allouées en vidant les caisses de l’Etat. Vous êtes le ministre qui a fait entrer le FMI en Tunisie ! ».
La présidente du PDL a assuré que le gouvernement Fakhfakh est le fruit de la corruption politique, parce qu’il est le résultat d’un système politique hybride marqué par les quotas partisans et des transitions louches. « Vous alliez rencontrer le cheikh chez lui ! Chahed devait aller en prison après ce qu’il a fait mais vous avez signé avec lui le document de référence. Des membres de votre gouvernement avaient accusé votre allié principal d’avoir assassiné Mohamed Brahmi. C’est le summum de la corruption politique ! ».
Abir Moussi a conclu en insistant sur le fait que l’équipe de Fakhfakh est en désaccord, rappelant les insultes proférées lors du processus de formation du gouvernement…
I.L.










