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Journal d’une confinée. Jour 1

 

Confinement. Jour 1. Il est 20h, ambiance de fin du monde. Le silence est angoissant. Les klaxons me manqueraient presque et les insultes des chauffards que j’entends depuis ma fenêtre ont laissé place au bruit des hélicoptères de l’armée.

L’ironie est que ce silence qui annonce une mauvaise nouvelle, est censé nous protéger du pire. Ce silence nous rappelle les soirées de janvier 2011, lorsque, confinés chez nous, nous étions submergés d’intox angoissantes qui nous venaient de toutes parts. Pas très différent de ce que nous vivons aujourd’hui…

Aucun représentant de l’Etat n’est à attendre ce soir pour nous expliquer la nécessité vitale de rester chez soi. Ma maison n’a jamais été aussi propre, j’ai fini de travailler (ne répétez pas ça à mon patron, lui qui pense qu’il faut être mort pour prétendre avoir fini de travailler, mais nous y viendrons), mes courses sont rangées par ordre alphabétique, enfants et mari ont été désinfectés de la tête aux pieds et le Kafka que j’avais commencé touche à sa fin.

Que reste-t-il à faire de sa journée ? Entre ouvrir le George Orwell qui patiente désespérément depuis trop longtemps sur ma table de chevet ou regarder le live de Nermine Sfar, mon cœur balance. Quelle différence y a-t-il entre les deux au final ? Aucune en somme, tous les deux ont exploité leurs meilleurs atouts pour mettre à nu l’hypocrisie du monde qui nous entoure.

 

Ce monde de fous, dans lequel le papier toilette, la farine et la semoule deviennent, l’espace d’un instant, plus précieux que l’argent, où la vue d’un flacon de gel hydro alcoolique procure plus d’extase que celle d’une bonne bière bien fraiche, où les enfants ont enfin pris leur revanche et ont désormais le pouvoir d’interdire à leurs parents de mettre un pied dehors.

 

L’heure est propice aux questions métaphysiques et existentielles : qui est venu avant la poule ou l’œuf ? Est-ce que Dieu existe et est-ce que ce genre de pandémie est une expression de la colère divine comme on essaye de nous le faire croire ? Faut-il se laver les mains avant ou après avoir nettoyé le robinet ? Combien de kilos de farine ou de semoule suffisent-ils à vous garantir la survie ? Est-ce que la communication est un concept qui échappe totalement à Carthage, ou est-ce trop sophistiqué pour nous, simples d’esprit ? Qui aura le droit de manger la dernière Danette dans le frigo et – comble de l’angoisse – que ferons-nous quand il n’y en aura plus ?

Autant de questions qui resteront malheureusement sans réponses…Du moins pour aujourd’hui.

 

De toute évidence, nous allons tous mourir, mais pas aujourd’hui…Si nous survivons, nous allons certainement beaucoup mûrir…

 

Le journal de demain sera plus déprimant, promis…

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