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Tarak Cherif a raison, pourquoi payer les gens qui n’ont pas travaillé ?

 

L’idée fait son chemin depuis des semaines et a été formulée par plus d’un, notamment ici à Business News, mais c’est Tarak Cherif qui a suscité la polémique et attiré vers lui les vives critiques. Le président de la deuxième centrale patronale du pays, Conect, a demandé à ce que l’Etat ne paie pas les fonctionnaires qui n’ont pas travaillé durant cette période de confinement.

Aussi provocatrice soit l’idée, elle demeure juste.

Nous avons des milliers de fonctionnaires qui travaillent d’arrache-pied depuis le début du confinement, notamment dans la Santé, l’Intérieur et la Défense. Dans d’autres départements, notamment les Affaires sociales, les Finances et les Technologies, d’autres fonctionnaires sont en train de préparer les nouveaux décrets-lois et de mettre en place les mécanismes nécessaires pour acheminer les aides aux plus démunis.

A la fin du mois, tous ces fonctionnaires cités ci-dessus vont être payés à l’intégralité de leur salaire, de la même manière que ceux d’autres départements restés confinés chez eux. Est-ce équitable ?

 

Si l’Etat prélève 10% seulement des salaires des personnes qui n’ont pas travaillé, il récolterait en un mois quelque 200 millions de dinars. A titre comparatif, le fameux fonds 1818 qui a bénéficié d’une médiatisation hors-pair n’a réussi à récolter que 81 millions de dinars à ce jour !

Le souci avec l’idée formulée par Tarak Cherif et qui n’est pas la sienne (donc il ne mérite pas que l’on s’attaque à lui avec autant de virulence) est qu’il faut l’aval de la centrale syndicale UGTT.

Bouali Mbarki, secrétaire général adjoint de l’UGTT est sorti aujourd’hui sur Shems FM pour attaquer Tarak Cherif et les hommes d’affaires redevables, d’après lui, de centaines de milliards à l’Etat et à la CNSS. M. Mbarki se moque de M. Cherif en déclarant que ce dernier n’est pas au courant de ce qui se passe dans le pays ou cherche à se présenter en réformateur. Et pourquoi pas ? Il conclut que les hommes d’affaires devraient réduire leurs bénéfices et en donner un peu à l’Etat.

 

En matière de redevances, et si l’on se fie aux propos de Samir Majoul, président de la première centrale patronale Utica, c’est l’Etat qui serait redevable aux entreprises avec des « trop perçu » d’impôts en milliards. A plusieurs reprises, M. Majoul a demandé à ce que l’Etat rembourse aux entreprises ce trop perçu pour qu’elles puissent payer leurs salariés après cette période de confinement, synonyme d’absence de revenus pour l’écrasante majorité des entreprises.

En matière de cotisations sociales, M. Mbarki a intérêt à balayer devant sa porte, car ce n’est un secret pour personne que l’UGTT elle-même a des arriérés de CNSS. Et si les entreprises ont des arriérés avec la CNSS, c’est pour pouvoir justement payer leurs salariés. Elles n’avaient pas beaucoup de choix, soit payer la CNSS, soit payer leurs salariés. L’Etat n’ayant encore rien exécuté de ses promesses, contrairement à plusieurs pays, les entreprises se devaient de parer au plus urgent en attendant que passe la crise.

 

Bouali Mbarki rappelle que les services de l’Etat ont continué, après la révolution, grâce aux fonctionnaires. Mais ceci est indéniable M. Mbarki ! On continue encore à le voir en cette période de pandémie, il y a toujours de l’électricité quand on allume la lumière et de l’eau quand on ouvre le robinet, comme dirait l’autre. Et c’est justement par respect  pour ces fonctionnaires qui ont continué à assurer les services de l’Etat qu’on se doit de ne pas payer les fonctionnaires confinés chez eux en famille avec des dépenses moindres. Par respect notamment à ces fonctionnaires de la Santé en première ligne face au Covid-19, aux soldats en première ligne face aux terroristes et aux forces de l’ordre en première ligne face aux voyous violant le couvre-feu !

 

Bouali Mbarki cherche à regagner de la popularité auprès des fonctionnaires, après la polémique suscitée par le mariage flamboyant de son fils, mais oublie dans son envolée qu’il insulte par là les fonctionnaires travailleurs et les entreprises plutôt proches de la faillite que de la récupération des dividendes qu’il évoque.

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