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La Tunisie face à la pandémie Covid-19 : Penser ensemble, agir de concert

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    La Tunisie face à la pandémie Covid-19, Penser ensemble, agir de concert, une analyse de l’Observatoire Tunisien de la Transition Démocratique, laboratoire d’idées, classé second laboratoire d’idées par le Global Go-To Think Tanks Index(2017et 2018).  

    Analyse. Avec un nombre réduit de personnes décédées ou déclarées positives à ce jour, la Tunisie, et relativement à d’autres pays, présente un tableau « satisfaisant » dans la gestion du Covid-19 (acronyme de Coronavirus Infectious Disease 2019, pouvant se décliner en français au féminin comme au masculin).

    Comme partout ailleurs, la pandémie a suscité des débats aussi serrés qu’animés. L’Observatoire Tunisien de la Transition Démocratique tient à apporter sa contribution parce qu’il considère que la « raison publique » est d’abord une « intelligence collective », fruit d’une interaction entre participants à la discussion publique. L’Observatoire considère que  le Covid-19 est un « fait social total » au sens durkheimien qui appelle nécessairement une analyse globale, en phase avec les grandes thématiques soulevées par cette crise sanitaire. Le suivi des débats autour de cette « situation de guerre » met en lumière des problématiques phares.

     

    L’analyse de l’Observatoire les déclinent en cinq axes, chacun posant une question appropriée :  la vie ou l’économie ? (1), la mondialisation ou la souveraineté ? (2), l’état d’exception ou l’État de droit ? (3), est-ce une crise politique ou une crise du politique ? (4), enfin la solidarité ou l’égoïsme ? (5). 

    1. Le choix du confinement est judicieux. Il montre que le gouvernement s’est décidé à accorder la primauté de la vie.  Seulement, nous sommes inégaux dans le confinement et l’Etat ne dispose pas des moyens de préserver toutes les vies, et dignement. Le confinement aggrave même les inégalités qui déchirent la société.

    Afin d’y remédier le gouvernement décide de compenser d’un bout à l’autre de la chaîne, les plus vulnérables et les entreprises. Or, le spectre de ceux qui subissent les effets délétères du confinement est beaucoup plus large. Et le ciblage des catégories sociales et l’équité dans la distribution des charges suscitent une polémique. 

    2. La pandémie confirme les critiques adressées à une mondialisation néolibérale et inégalitaire. Mais en même temps, la réponse souverainiste est inappropriée. La crise révèle l’importance vitale des secteurs alimentaire, de la santé, de l’éducation et du transport qui ne peuvent pas être livrés à la loi du marché. D’où la nécessité pour l’Etat de s’engager dans une nouvelle politique industrielle, en concertation avec les parties concernées. 

    3. La maladie déclenche une grande polémique autour de ce qu’on appelle « l’état d’exception ». Il a deux acceptions, philosophique et juridique. La première se réfère au « biopouvoir numérique » régissant la Chine et susceptible de s’étendre aux démocraties. Nous en sommes loin dans un pays où la numérisation est encore à l’état de projet.  La deuxième acception juridique nous concerne à travers le mécanisme constitutionnel de l’articles 80 activé par le Chef de l’État et 70 ; Cependant, il existe des craintes justifiées de voir les droits humains sacrifiés à des fins de sécurité et de de faire du régime dérogatoire l’ordre naturel des choses. 

    4.  La crise met à nu le délitement du système de la santé, de l’éducation nationale  et des mécanismes de la solidarité. Mais encore, elle expose au grand jour les travers du système politique. Le Chef d’État est complètement décalé par rapport à un populisme épique qu’il s’est imposé ; le gouvernement gère la crise certes de manière rationnelle et  avec peu de moyens, cependant de manière improvisée, au quotidien, confuse et non prospective ; enfin les partis impotents se sont illustrés par une absence sidérale de vision, la plupart continuant à se fustiger les uns aux autres, de manière irresponsable et vulgaire. Sur cela se greffe le manque de confiance flagrant entre l\’exécutif et le législatif et entre les différents acteurs politiques. Seul échappe à la défiance le Médecin de la santé publique, une figure qui parle le langage de la science, à l’antipode du discours religieux mystificateur et du bavardage politique. 

    5. La pandémie ébranle le vivre-ensemble, déclenchant un mouvement contradictoire d’altruisme et d’égoïsme. Un élan extraordinaire rassemble les Tunisiens et les Tunisiennes lors-même que l’hystérie de la survie les pousse au repli sur soi exacerbé à un point tel qu’on en arrive à s’opposer à l’enterrement des victimes de la maladie. La même antinomie (solidarité versus égoïsme) régit les rapports entre les nations. L’une des thèses fortes consiste à ramener l’origine du mal à notre rapport à la nature. En Tunisie, l’absence de sensibilité à l’égard de l’environnement est à déplorer. En même temps, le pays n’a fort heureusement pas d’industries prédatrices à grande échelle et émettrices de gaz à effets de serre, une chance pour une économie écologique à construire. En rapport avec les cinq axes de réflexion, l’Observatoire propose un certain nombre de recommandations. 

     

    Cliquer ici pour lire l\’étude 


    Signataires membres de l’Observatoire :

    Hamadi Redissi, politiste, président de l’OTTD, Asma Nouira, politiste, ancienne présidente de l’OTTD  et directrice du département de science politique à la Faculté de droit de Tunis, Hafedh Chekir, démographe, ancien directeur régional Fonds des Nations Unies pour la Population pour le Monde arabe, Chafiq Sarsar, juriste, ancien président de l’ISIE, primé en 2016 de la Joe Baxter Award for improvements to election Administration Practices, Hafidha Chekir, juriste, membre du Bureau directeur de l\’ATFD et vice-présidente de la Fédération internationale des Droits de l\’Homme (depuis 2016), Sonia Mbarek, musicienne et politiste, ancienne Ministre de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine, Tarek ben Chaabane, sociologue des médias et critique de cinéma,  Abdelkrim Allagui, historien contemporanéiste, ancien vice-président de la LTDH, Sahbi Khakfaoui, politiste, enseignant chercheur à la Faculté de sciences juridiques, économiques et de gestion de Jendouba,  Fatma Ellafi, juriste,  enseignante chercheure à la Faculté de Droit et des Sciences Politiques de Tunis, Cheyma M’barki, médecin de la santé publique, ancienne responsable dans le cadre du projet Marsad Baladia à Bawsala, Cyrine Ben Said, médecin résidente en psychiatrie, association Activistes Tunisiens pour la Santé Mentale, Hatem Chakroun, politiste, secrétaire général de l’OTTD et coordinateur pédagogique du programme OpenGov Academic à la Faculté de Droit et des Sciences Politiques.

     

    Lien pour le téléchargement Ottd :https://ottdemocratique.com/

     

     

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