A l’occasion de la Journée mondiale de la Santé et durant la crise mondiale liée au Covid-19, un nouveau rapport intitulé « La situation du personnel infirmier dans le monde 2020 » a été publié pour examiner en profondeur le corps de métier le plus largement représenté parmi les personnels de santé.
Le constat est sans équivoque : les gouvernements doivent investir de façon à accélérer l’éducation et la formation du personnel infirmier, créer des emplois dans ce secteur et renforcer les capacités de direction de la profession infirmière.
« Notre lutte contre le Covid-19 a une fois de plus montré à quel point la profession infirmière est fondamentale pour la société et pour nous tous. Confronté aux circonstances les plus exceptionnelles et aux conditions de travail les plus difficiles, le personnel infirmier de la Région européenne et du monde entier a relevé le défi avec courage, compassion et professionnalisme. Il mérite, ainsi que tous les professionnels de santé de première ligne, nos remerciements et notre respect les plus profonds », a déclaré le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.
« Il est grand temps de donner à la profession infirmière la reconnaissance qu’elle mérite. Aujourd’hui, alors que nous célébrons la Journée mondiale de la santé, et à l’avenir, les pays doivent investir dans le personnel infirmier et l’aider à exercer dans la pleine mesure de sa formation et de son champ d’activité. Ce faisant, notre personnel infirmier qualifié et dévoué aura la force et les ressources nécessaires pour construire une Europe en meilleure santé », a-t-il conclu.
Une pénurie mondiale de personnel infirmier
La situation du personnel infirmier dans le monde 2020, un rapport publié par l’OMS en collaboration avec le Conseil international des infirmières et Nursing Now, révèle que l’on compte aujourd’hui moins de 28 millions d’infirmiers et d’infirmières dans le monde.
Le vieillissement du personnel de santé dans certaines Régions menace la stabilité des effectifs infirmiers. Au niveau mondial, le personnel infirmier est relativement jeune, mais il y a des disparités entre les Régions, les tranches d’âge supérieures étant largement plus représentées dans la Région des Amériques et dans la Région européenne. Les pays dans lesquels la part du personnel infirmier en début de carrière (moins de 35 ans) est la plus faible par rapport à celle des agents proches de la retraite (55 ans et plus) devront augmenter le nombre de diplômés et renforcer les systèmes de maintien en poste afin de préserver l’accès aux services de santé. Ceux où le personnel infirmier est jeune doivent répartir les effectifs de manière plus équitable à l’intérieur de leur territoire.

Pour résorber la pénurie d’ici à 2030 dans tous les pays, le nombre total de diplômés en soins infirmiers devrait augmenter de 8 % par an en moyenne, et il faudra aussi améliorer les capacités à les employer et à les maintenir en poste. À défaut, les tendances actuelles indiquent qu’il y aura 36 millions d’infirmiers(ères) en 2030, d’où, au vu des besoins, un déficit estimé de 5,7 millions de personnes touchant principalement les Régions de l’Afrique, de l’Asie du Sud-Est et de la Méditerranée orientale, même si plusieurs pays des Régions des Amériques, de l’Europe et du Pacifique occidental seront aussi affectés
Dix recommandations pour renforcer le personnel infirmier
Afin que le monde dispose du personnel infirmier dont il a besoin, l’OMS et ses partenaires recommandent que tous les pays :
- accroissent le financement en vue de former et de recruter un plus grand nombre d’infirmiers et d’infirmières ;
- renforcent leurs capacités de collecte, d’analyse et d’action en matière de données relatives aux personnels de santé ;
- suivent la mobilité et les migrations du personnel infirmier et les gèrent de façon responsable et éthique ;
- offrent au personnel infirmier une formation initiale et continue dans les domaines scientifiques, technologiques et sociologiques, afin d’en faire un moteur de progrès dans les soins de santé primaires ;
- créent des postes de responsables, notamment un poste de directeur général des soins infirmiers au niveau de l’administration centrale, et soutiennent le renforcement des compétences de direction parmi les jeunes infirmiers et infirmières ;
- fassent en sorte que le personnel infirmier des équipes de soins de santé primaires utilise l’éventail complet de ses compétences, notamment pour la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles ;
- améliorent les conditions de travail, notamment en assurant des effectifs de personnels suffisants, une rémunération juste, et en respectant le droit à la santé et à la sécurité au travail ;
- mettent en œuvre des politiques relatives au personnel infirmier qui soient soucieuses de l’égalité des genres ;
- modernisent la réglementation de la profession en harmonisant les normes relatives à la formation et aux pratiques, ainsi qu’en utilisant des systèmes capables de reconnaître et de vérifier les compétences professionnelles du personnel infirmier à l’échelle mondiale ;
- renforcent le rôle du personnel infirmier au sein des équipes de soins en faisant collaborer différents secteurs (santé, éducation, immigration, finance et travail) avec les parties prenantes du secteur infirmier en vue de l’établissement d’un dialogue stratégique et de la planification des effectifs.
S.H (Avec communiqué)










