Alors que plus de la moitié de la planète a été confinée, avec pas moins de quatre milliards et demi d’individus contraints, ou vivement conseillés de rester chez eux, ce mois de mai voit un déconfinement plus ou moins structuré se déployer ici et là. On n’en sait pas beaucoup plus sur le virus, mais on commence à avoir une idée plus précise sur les conséquences économiques et sociales et sur les risques psycho-sociaux que provoque la réponse confinante qui a été apportée à l’infection au coronavirus. #leprixdelavie
Une des questions qui reste en suspens est la possibilité pour une personne atteinte de Covid-19 et guérie, d’être une nouvelle fois contaminée. La réponse à cette question induira la plus ou moins grande facilité à découvrir un vaccin et apportera un éclairage sur l’existence d’une immunité pour les personnes atteintes.
La Corée du Sud qui avait été le témoin de nouvelles réinfections a donc fait des études plus poussées sur ces cas-là. Et il s’avère qu’il n’y a, en réalité, aucun cas de réinfection.
Les personnes qui avaient été déclarées guéries ont présenté, de nouveau, des symptômes quelques semaines plus tard. Testées par voies nasales, elles ont été déclarées positives. Or ce matériel viral récolté a ensuite été analysé et il s’avère qu’il s’agit de « débris viraux qui sont encore en cours d’expulsion ». Ce n’est pas contagieux et ce n’est pas une nouvelle réinfection, nous explique l’Organisation mondiale de la Santé. En l’état, il y a donc bien une immunité. La question reste entière sur sa durée, tout comme sur le fait de savoir si une personne asymptomatique a quand même développé une immunité. Et sur ce sujet, la médecine redevient une science inexacte. Oui, non ou peut-être, selon le médecin interrogé. De même que la période d’immunité varie en fonction du Docteur consulté, qui va de deux mois à deux ans. Il suffit donc de choisir le bon médecin pour être immunisé sur la plus longue période. #midiàsaporte
Covid-19 toujours, mais cette fois-ci par le prisme du traitement. Plus de 800 recherches dans le monde, et un constat évident ; si un remède miracle, salvateur, absolu existait grâce aux molécules déjà existantes, il aurait déjà été découvert. Et ne figure aucun laboratoire pharmaceutique parmi nos annonceurs. Beaucoup d’espoirs ont été portés par l’essai européen Discovery, dont les résultats étaient attendus pour fin avril, puis annoncés par le président français Emmanuel Macron pour le 14 mai. Il n’en sera rien, et s’il en est, ils ne seront pas jugés probants.
Initié le 22 mars, il concerne quatre types de traitement testés, avec un groupe témoin en plus. Le groupe témoin reçoit les soins traditionnels. Ensuite un groupe sera cobaye pour le fameux Remdesivir qu’on a utilisé contre le virus Ebola. Un autre groupe recevra le traitement utilisé pour le Sida à base de Lopinavir et Ritonavir. Un troisième groupe aura en plus du Lopinavir et du Ritonavir, l’intréferon bêta. Et, roulement de tambour, un dernier groupe, rajouté sur le tard, qui est testé à l’hydroxychloroquine du Professeur Raoult.
Or à ce jour, ce programme qui se voulait européen et ambitieux n’a recueilli, pour toute ambition, que 742 patients volontaires et n’a d’européen qu’un cas luxembourgeois qui a rejoint le 30 avril, les 741 autres cas français. En cause deux facteurs essentiellement.
Premièrement, l’Union européenne, dont on fête ce 9 mai les 70 ans du discours fondateur de Maurice Schumann sur la Communauté européenne du charbon et de l’acier, n’a d’Union que son administration, et d’Européenne que les souverainetés qui la composent.
Ainsi, l’essai européen Discovery entre-t-il en concurrence avec Solidarity, le protocole de l’OMS auquel ont choisi d’adhérer l’Espagne et l’Italie, ou encore la Grande-Bretagne qui a étendu son Brexit jusqu’à la recherche en lançant son Recovery. L’Allemagne, le Portugal, la Belgique, l’Autriche et la France continuent à discuter.
Deuxièmement, le débat médiatique sur la « chloroquine » a fait que la majorité des patients qui arrivaient à l’hôpital, exigeaient, pour accepter d’intégrer le programme de recherche, de faire partie du groupe « Chloroquine ». Même si les médecins sont partagés sur les bienfaits de ce traitement, la communauté des patients est assez unanime et ne veulent que celui-là.
Les résultats, s’ils sont rendus le 14 mai, ne concerneront donc que 143 cas par groupe. Autant dire que, quelle que soit la conclusion, les débats continueront, bon train, et aucun traitement n’emportera une adhésion majoritaire, et encore moins unanime. #midiàquatorzeheures
Pendant ce temps-là, le monde se bat contre ses vieux démons.
Au Brésil, si l’on observe les images satellites de la forêt amazonienne comme le fait l’Institut brésilien de Recherche Spatiale, on constatera qu’au premier quart de cette année 2020, ce n’est pas moins de 1202 kilomètres carrés de forêts qui ont été rasés de la surface de la terre, soit 55% de plus que l’année dernière pour la même période. Sachant que nous sommes en pleine saison des pluies, et que le plus dur de l’abattage des branches du Poumon de la terre démarre à partir de juin. Jair Bolsonaro, président d’extrême droite brésilien, devient de plus en plus étouffant. #Carnaval
L’Italie, qui a fait face à une vague particulièrement meurtrière du Coronavirus, a bien failli voir sa note fortement dégradée hier par l’agence Moody’s. Après négociations et pressions, l’agence a décidé de reporter son examen à une date ultérieure. Fitch avait déjà abaissé sa note à BBB-, et S&P l’a maintenue inchangée à BBB/A-2, avec perspective négative. La question majeure est de savoir si la Banque Centrale Européenne va racheter ou pas la dette italienne contractée dans le cadre de sa lutte contre le Coronavirus. Le risque économique est tout simplement la banqueroute, et le risque politique est la montée des extrêmes, dont les anti-européens. Le scénario catastrophe serait une implosion sociale tragique, et une sortie de l’UE populiste. #moneyfornothing
En Tunisie, pendant ce temps-là, on a essayé de porter avec la France une résolution au Conseil de Sécurité de l’Onu, en vue d’obtenir un cessez-le feu dans les régions en guerre, et ce pendant 90 jours. Vendredi, les États-Unis y ont opposé leur véto, prévisible, même si les négociations continuaient ces dernières semaines. En cause, un alinéa qui énonce « la nécessité urgente de soutenir tous les pays comme les entités pertinentes du système des Nations-Unies, y compris les agences de santés spécialisées ». L’OMS était ainsi clairement évoquée.
Cet alinéa, rajouté pour éviter le véto chinois, a provoqué le véto américain. Le premier défend l’Oms, le second veut sa tête. Loin d’être un revers diplomatique pour la Tunisie, les négociations toujours en cours peuvent nous permettre d’être central sur l’échiquier des négociations entre la Chine et les États-Unis, et le représentant permanent de la Tunisie, Kais Kabthani, est moteur pour la reprise des pourparlers. #Houseofcards
Durant ce temps-là, la même diplomatie, n’a toujours pas désigné d’ambassadeur de Tunisie en France, ni de consul général, alors qu’une majorité de la diaspora tunisienne vit en France et qu’un bon nombre de cette diaspora vit, depuis le confinement, dans une situation extrêmement précaire. Les services consulaires des différents consulats en France se démènent, les services de l’ambassade sont sur tous les fronts et la fondation de la Maison de Tunisie fait un travail de solidarité absolument incroyable. Mais personne, à Tunis, ne semble juger utile d’y adjoindre la représentation d’un ambassadeur et l’efficacité d’un consul général. Au-delà des conséquences sur la relation bilatérale qui appartient à la stratégie diplomatique de la présidence de la République, on peut s’interroger sur le sens du message envoyé aux 800.000 Tunisiens en France qui ne sont pas représentés par un ambassadeur, qui ne peuvent bénéficier de la coordination d’un consul général. #lost
C’est la fin de ce trip, c’est la fin de la semaine, vous pouvez éteindre vos smartphones !










