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Ennahdha : il y a péril en la demeure!

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    La crise du Covid-19 a occupé le devant de la scène durant ces deux derniers mois. Mais face à l\’accalmie de la pandémie, les choses politiques commencent à surgir de nouveau sur la scène nationale. Et c’est la décision de Rached Ghannouchi de dissoudre le bureau exécutif du mouvement qui a créé l’évènement. Une décision qui a fait couler beaucoup d’encre, témoignant d’un remue-ménage important à Montplaisir.

     

    Le chef du mouvement Ennahdha a décidé la dissolution du bureau exécutif du parti. Le bureau actuel poursuivra la gestion des affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un nouveau bureau. Voilà, l’information relayée par les médias qui a attiré l’attention d’une grande partie de l’opinion publique. Dans la soirée du lundi 11 mai 2020, l’unité de communication du mouvement Ennahdha s\’est trouvée dans l’obligation de publier un communiqué sur le sujet pour donner plus de précisions à propos des informations concernant la décision prise par le chef du mouvement Rached Ghannouchi. « Lors de la réunion du bureau exécutif tenue mercredi dernier, le chef du mouvement Rached Ghannouchi a annoncé son intention d’apporter certaines modifications à sa composition pour répondre aux exigences de la période. Il a, également, annoncé que le bureau actuel passe, désormais, au statut de gestion des affaires courantes ».

     

    Cette même précision a laissé place à plusieurs interrogations, notamment, à propos de l’absence de communication sur ce sujet ayant eu lieu depuis près d’une semaine, et révélé uniquement par les médias. Outre les interrogations concernant les motivations et les répercussions d’une telle décision sur le mouvement islamiste, et sur toute la scène politique de manière générale.

     

    Il est clair que tout l’enjeu tourne autour de l’organisation du congrès électif du mouvement Ennahdha, qui devait avoir lieu, durant ce mois de mai 2020. En effet, après avoir écoulé ses deux mandats, le chef mythique du mouvement islamiste n’a plus le droit de se présenter à nouveau à la tête du parti, et ce conformément aux dispositions du règlement intérieur du mouvement. Une réalité qui semble être difficile à admettre pour Rached Ghannouchi, qui a pourtant toujours plaidé pour la démocratie en s’opposant à la présidence à vie.

     

    Ainsi, la dissolution du bureau exécutif constitue une manœuvre pour recaler la tenue du congrès et offrir une marge de manœuvre pour Rached Ghannouchi afin qu’il réorganise sa garde rapprochée et prépare le terrain adéquat et le cadre légal lui permettant d’être maintenu à la tête du mouvement.

     

    Toujours est-il, la mission de Rached Ghannouchi semble être assez difficile, dans la mesure où beaucoup de divergences se sont accumulées à l’intérieur du mouvement. Et même s’il peut compter sur certains de ses inconditionnels fidèles, le clan qui lui est opposé n’est pas à prendre à la légère.

    L’air confiant et détendu de Samir Dilou en dit long sur la situation. Intervenant à propos de la dissolution du bureau exécutif du parti, il a déjà considéré « qu’on aurait dû communiquer sur la décision »Et d’ajouter « qu’à la lumière de cette décision, il devenait impossible d’organiser le congrès du mouvement ». L’élu nahdhaoui n’a pas occulté les conflits devenus récurrents au sein du parti, soulignant que le dialogue restait la meilleure des politiques. 

    Toutefois, Samir Dilou a affirmé que si le congrès du parti devait avoir lieu, il élirait un nouveau président pour Ennahdha car il croit à la démocratie. Il a également ajouté que le règlement intérieur du parti ne serait pas modifié à la mesure de qui que ce soit, même quelqu\’un de l\’envergure de Rached Ghannouchi.

     

    Or ce point de vue ne semble pas être partagé par tous les membres du parti, à l’instar de Imed Khemiri qui avait ouvertement déclaré « La position qu’occupe Rached Ghannouchi au sein du parti émane d’une décision souveraine. Nous déciderons (de son maintien ou non à la tête du parti) en fonction de l’intérêt du pays », a-t-il fait savoir. Ainsi, l’éventualité de maintenir Rached Ghannouchi à la tête du parti n’est pas à écarter, bien que cela soit contraire au règlement intérieur, qui n’est qu’un simple texte pouvant être modifié à tout moment, surtout lorsqu’il « s’agit du fameux intérêt du pays ».

     

    En tout état de cause, la dissolution du bureau exécutif et la modification de sa composition n’est pas un fait inattendu en soi, notamment, après les dissidences et les résultats enregistrés lors des dernières élections. Sauf que le timing et la manière laissent place à plusieurs interrogations. La garde rapprochée de Ghannouchi est en train de s’organiser et n’est même plus à définir. Il suffit, juste d’observer les invités présents sur les plateaux. Ce volet interne doit être clôturé avec brio par Ghannouchi, qui a désormais, pleins d’autres chantiers à abattre sur la scène nationale.

     

     

    Sarra HLAOUI

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