Le président de Qalb Tounes Nabil Karoui est revenu, ce samedi 16 mai 2020, sur de nombreuses thématiques concernant le parti, notamment le tourisme parlementaire qui le touche de plein fouet.
M. Karoui a indiqué que ce qui est important pour son parti pour faire partie d’un gouvernement d’union nationale, c’est de se mettre d’accord sur un programme. Au micro de Amina Ben Doua dans l\’émission Midi Show Weekend sur Mosaïque FM, il a assuré : «Nous sommes dans l’opposition et nous n\’avons aucun accord avec Ennahdha, ni déclaré ni secret ». Il a expliqué que pactiser avec Ennahdha est devenu une accusation mais que Qalb Tounes traite avec tout le monde du moment que c’est dans l’intérêt de la Tunisie.
Nabil Karoui a souligné que le programme de son parti est la lutte contre la pauvreté et que celle-ci englobe la réforme de l\’éducation, de la santé et des sociétés nationales. Et d’expliquer que, désormais, c’est devenu le cheval de bataille de tout le monde – le président de la République ainsi que le gouvernement – alors qu’au départ, leur programme était de combattre la corruption, «ce qui n’est que de la poudre aux yeux et de simples slogans ». Et de soutenir, en réponse à une question de l’animatrice, qu’il est heureux d’avoir pu promouvoir les idées et le programme de son parti, car réaliser les promesses électorales du parti est une victoire en soi.
S’agissant des conditions pour que Qalb Tounes intègre une coalition gouvernementale, il a expliqué que son parti est prêt à intégrer un gouvernement de salut national avec un programme et pas seulement des slogans. Il a parlé, dans ce cadre, des écarts au sein du gouvernement et des échanges d’accusations. En outre, il a souligné que le gouvernement actuel n’a pas le soutien nécessaire au Parlement à tel point qu’on demande le soutien de l’opposition.
En ce qui concerne l’élargissement de la coalition gouvernementale, il a souligné les difficultés auxquelles fait face l’actuelle coalition à se mettre d’accord et s’est interrogé sur les dégâts de l’entrée de nouveaux arrivants avec des idées et des programmes nouveaux.
M. Karoui estime que le système parlementaire actuel nécessite que les deux premiers partis politiques, en termes de votes – Ennahdha et Qalb Tounes – travaillent de concert. Et d’expliquer que lorsqu’ils se sont mis d’accord, le gouvernement n’est pas passé et des lois ont ont pu être votées. Il pense que la stabilité du gouvernement est liée à ces deux partis et au degré d\’harmonie entre eux. C’est pour cela que certaines parties veulent affaiblir Qalb Tounes, en attirant ses députés, ce qui bafoue la volonté du peuple et sert des intérêts étroits.
Le président de Qalb Tounes a soutenu que le système parlementaire tunisien a été détérioré par le tourisme parlementaire.
Il a expliqué qu’en Tunisie, nous n’avons pas une démocratie enracinée comme les autres pays. Il a précisé que la loi électorale permet aux élus de démissionner du parti et de rester au Parlement, que certains le font pour leurs propres intérêts ou pour atteindre rapidement leurs objectifs, d’autres pour servir un idéal, alors que d\’autres le font pour l’argent.
Concernant les démissionnaires de Qalb Tounes, il a expliqué que chacun veut devenir un héros et oublie qu’il a prêté serment sur le coran et qu’il a, de ce fait, trahi ses engagements.
S’agissant de la position du président de la République, Nabil Karoui a noté qu’un an auparavant, il était contre le tourisme parlementaire, alors qu\’aujourd’hui il soutient le contraire. Et s’est demandé pourquoi le président intervient dans des sujets qui ne le concernent pas. «Loi électorale encourage la corruption et l’instabilité», a-t-il soutenu, en notant qu’avec 27 élus, le parti demeure actif.
En ce qui concerne le décret 116, il pense qu’il représentait une épée dirigée contre les médias. On ne dit pas que l’instance doit être dissoute (la Haica) mais que les dirigeants doivent être renouvelés.
En réponse à l’animatrice, il a affirmé que la position du parti n’a aucune relation avec la chaîne Nessma et ses différends actuels avec l’instance. Et de soutenir que le décret 116 est devenu caduque et qu’il fallait mettre en place depuis longtemps une autre instance constitutionnelle.
Autre révélation, M. Karoui a indiqué que son parti est en train de préparer une initiative législative de lutte contre la pauvreté qui sera présentée aux autres partis politiques et aux organisations nationales.
I.N










