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L’essentiel de l’interview de Rached Ghannouchi sur Nessma Tv

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    Le président du Parlement et chef du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi a accordé, ce lundi 8 juin 2020, une interview exclusive à la chaîne Nessma Tv pour revenir sur les derniers développements sur la scène politique nationale.

     

    Rached Ghannouchi est revenu sur la dernière plénière consacrée à la diplomatie parlementaire, affirmant que la plénière était un débat et non une audition. Cependant, ce débat était une belle expression de la démocratie et a permis de donner une image exceptionnelle de l’expérience tunisienne, a-t-il dit. 

    Il a, également, indiqué que l’affaire a pris plus d’ampleur qu’elle ne méritait, puisque son coup de téléphone à El Sarraj n\’était, d\’après ses dires, « qu\’un simple appel pour féliciter une partie ayant remporté une victoire militaire ».

    « Nous avons beaucoup d\’intérêts avec la Libye. Nous devons entretenir de bonnes relations avec ce pays frère, indépendemment de l\’identité et des orientations des parties au pouvoir ».

     

    Et d’ajouter, que la Tunisie doit avoir une position de neutralité positive. « En 2011, le défunt Béji Caïd Essebsi, a adopté une position qui n’est pas tout à fait neutre et a fait entrer des armes en Libye, mais c’était pour servir la révolution libyenne. C’est l’essence même de la neutralité positive ».


    Concernant la situation politique en Tunisie, Rached Ghannouchi a assuré que l’intérêt de la Tunisie doit passer outre les différends idéologiques. Il a, également, considéré que la Tunisie ne peut être gouvernée que par le consensus. « Aujourd’hui, nous sommes dans une situation qui n’est pas naturelle. La gestion de la Coalition gouvernementale n’est pas simple, tenant compte du patchwork issu des élections. La gestion devient de plus en plus difficile quand la coalition gouvernementale ne représente pas la majorité parlementaire. Le premier parti aux élections est au pouvoir, alors que le deuxième ne l’est pas. Cette situation n’est pas ordinaire. Nous devons parvenir à un consensus et être ouverts à toutes les parties qui veulent y participer ».

     

    Rached Ghannouchi a poursuivi, dans le même contexte : « Lors de la dernière plénière, voir des partis réunis au pouvoir s’opposer entre eux, n’est pas naturel. Ce paysage ne peut pas faire long feu. La rencontre des positions entre Ennahdha et Attayar est un développement positif. Toutefois, l’opposition d’Echâab et Tahya Tounes n’est pas naturelle. Un développement dans la structure du pouvoir est attendue afin de rétablir un équilibre entre la majorité parlementaire et la composition gouvernementale. Il est clair que la confiance en certains partis a pris un sacré coup. Voire Echaâb s’allier avec Abir Moussi est une image désolante. Cela a donné le signal d’un changement imminent ».

     

    Par ailleurs, il a indiqué que celui qui parle d’une solidarité gouvernementale se moque de l’intelligence des Tunisiens, justifiant ainsi le fait que le mouvement n’ait pas signé le pacte de la solidarité gouvernementale. « Il faut rétablir la situation naturelle à travers la participation des quatre premiers partis aux dernières élections ».


    D’autre part, le chef du mouvement Ennahdha a indiqué que les ennemis de la révolution tentent de ridiculiser l’image du Parlement et de le réduire aux bagarres, alors qu’il est en train d’examiner des projets de loi d’une grande importance.

     Quant aux critiques de Kaïs Saïed visant le Parlement, il a indiqué que le président de la République doit émette ses critiques à travers la Constitution dans la mesure où il en est le garant, soulignant que le Parlement est le pouvoir constitutif dans le pays.

     

    Revenant sur la guerre des prérogatives avec le président de la République, il a affirmé que la Tunisie est en train d’expérimenter un nouveau modèle politique, loin des anciens modèles beylicaux et des régimes dictatoriaux. « De ce fait, il est difficile pour chaque partie de définir les limites de ses prérogatives. Les conflits sont naturels et requièrent un cumul d’expérience et un entrainement, mais ce n’est pas une raison pour laisser tomber ce modèle et revenir à la dictature ».


    Il a également indiqué que l\’inérêt de la Tunisie réside dans la stabilité et non dans l\’anarchie sous couvert d\’appels à des idéaux illusoires. Et d\’ajouter qu\’il est nécessaire d\’amender le Code électoral afin de mettre en place une harmonie entre le gouvernement et le Parlement. 

     

    Le président du Parlement a réagi à la question des demandes de report et retrait de huit projets de loi par le gouvernement. Dans ce contexte, il a indiqué que le gouvernement a le droit de demander le retrait de certains projets de loi et mais non le report, soulignant que tout projet de loi programmé en plénière ne peut plus être retiré. « Le gouvernement demande ce qu’il veut, mais le Parlement a son identité indépendante et agit selon les dispositions de son règlement intérieur ».

     

    Revenant sur les informations selon lesquelles le chef du gouvernement serait en train de tenter de composer un bloc parlementaire, comme fût le cas de Youssef Chahed, il a affirmé : « Nous étions contre la formation d’un bloc parlementaire par Youssef Chahed, mais il a formé son propre parti. Dans tous les cas, nous sommes contre le nomadisme parlementaire ».


    En ce qui concerne le dossier interne du mouvement Ennahdha, M. Ghannouchi a assuré : « lors des réunions des institutions du mouvement, les cœurs s’arrêtent de battre et attendent avec impatience leurs décisions. Cette impatience témoigne de l’existence de véritables congrès. Les différends sont naturels. Ennahdha n’est pas une prison et ses affiliés ne sont pas dans une caserne. Le congrès du mouvement n’a pas été reporté, mais la crise sanitaire liée au Covid-19 en est la cause ». 
     
    Dans ce contexte, il a ajouté qu’il veillera à la formation d’un nouveau bureau exécutif dans les plus brefs délais, soulignant que le règlement intérieur lui autorise deux mandats et qu’il va respecter ce règlement.


    Et à M. Ghannouchi de conclure : « Les Tunisiens doivent être optimises. Certes, il y a des difficultés, des obstacles et des situations sociales difficiles, mais la Tunisie a déjà réussi à faire le plus dur. La Tunisie a besoin de réformes, et ces réformes ne sont possibles qu’à travers une union nationale. Le pays peut contenir tout le monde, ayons donc l’ouverture d’esprit nécessaire ».

     

      

    Sarra Hlaoui

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