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Ce qui n’a pas été dit dans l’affaire de l’Audi Q5 de Maârouf

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    Il a fallu que le président de la République s’en mêle pour que l’on sache ce qui s’est réellement passé dans l’affaire de l’Audi Q5 de l’ancien ministre du Transport, Anouar Maârouf.
     
    La voiture en question est entrée en circulation en septembre 2012 et porte une immatriculation tunisienne ordinaire (TU 192) et non une immatriculation de voiture de l’Etat affectée au ministère du Transport (15). Il s’agit d’un véhicule saisi auparavant par la Douane et donné au cabinet du ministre du Transport pour une utilisation personnelle du ministre.
     
    L’accident a eu lieu le 3 mars 2020 à 21 heures dans le croisement des Jardins de Carthage avec une Jaguar. Derrière le volant de l’Audi Q5, Ellay Maârouf, 22 ans, fille du ministre. La Jaguar était dans le rond-point et la Q5 entrait sur le rond-point sans tenir compte de la priorité. Un constat amiable fut signé et dont Business News a obtenu une copie. 
     
    Juste après l’accident, la fille a alerté son père qui lui a envoyé des gros bras. Ces derniers ont eu une altercation avec le propriétaire de la Jaguar, propriétaire d’un hôtel de la banlieue nord. Une autre altercation a suivi entre les gardiens de l’hôtel et les gros bras envoyés par le ministre. Il y a eu des insultes et une vitre cassée de la Q5. 
     
    La mission des gros bras envoyés par le ministre était claire, il ne fallait pas que le constat amiable indique que la conductrice était la fille du ministre, il fallait que ce soit un membre du ministère. Le choix fut fixé sur un des chauffeurs du ministre. Ce dernier a accepté de donner un faux témoignage et de dire que c’était lui derrière le volant quand l’accident est arrivé. 
     
    Après l’éclatement de l’affaire, la police judiciaire a saisi le dossier et recommencé tout à zéro. C’est là où l’on s’est rendu compte que le chauffeur n’était pas présent au moment de l’accident et il a été inculpé pour faux témoignage. Idem pour la fille du ministre. Le gardien dela partie adversaire a également été inculpé pour l’endommagement du véhicule. Un autre gardien a, par ailleurs, été relaxé après avoir été accusé pour voie de faits. 
     
    Le dossier a été ensuite transmis au parquet qui a fixé une audience pour le 25 juin puis reportée au 23 novembre. 
     
    Ce qui n’a pas été fait au niveau de la police judiciaire, c’est que l’on n’a pas cherché qui a poussé le chauffeur du ministère et la fille du ministre à ce faux témoignage. Il est clair qu’il s’agit là d’une tentative (réussie) d’épargner le ministre de toute poursuite. Le parquet a botté en touche pour indiquer qu’il n’a fait que constater ce qui lui a été transmis dans les PV sans chercher plus loin. 
     
    Ce qu’on a essayé de faire, c’est d’étouffer l’affaire après le premier report d’audience. C’est ce qu’a dit le président de la République et c’est ce qu’a démenti catégoriquement le parquet. 
    Le syndicat des fonctionnaires de justice a, quant à lui, cherché à défendre le parquet en disant que le dossier n’a pas été perdu et que le procès a été fixé au 21 novembre (un samedi, un jour off) avant de changer ses propos pour dire que c’est le 23 septembre. Le parquet n’a pas souhaité rebondir sur cette question se suffisant de dire que la date du procès est le 23 novembre et que cette date est connue par le public. 
     
    En clair, quand on voit l’affaire de bout en bout, on remarque que le ministre a été bien épargné et que le chauffeur du ministère va devoir payer son faux témoignage, alors qu’il n’avait rien à voir avec l’accident et qu’il n’était même pas sur les lieux. 
     
     
    R.B.H

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