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Scandale des sacs en plastique : Salah Ben Youssef et Attayar s’enfoncent avec leurs démentis

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    Les deux sorties médiatiques du ministre de l’Industrie Salah Ben Youssef et du parti Attayar pour démentir les informations liées au scandale des sacs en plastique dans l’emballage du ciment n’ont pas convaincu grand monde visiblement.

    L’affaire est louche, le timing est louche, le lobbying semble évident, les explications sont tardives, lit-on un peu partout après l’interview sur Express FM de Salah Ben Youssef et le communiqué d’Attayar.

    Le ministre dit avoir autorisé l\’utilisation des sacs en polypropylène en complément des sacs en kraft dans l’emballage du ciment afin de réduire les coûts des cimenteries qui ne cessent d’accuser des pertes. L’explication est fallacieuse puisque l’emballage pèse très, très peu dans le prix global d’un paquet de ciment. Changer le papier par le plastique ne fera donc pas baisser le prix et n’aura pas de grosse incidence au profit des cimenteries.

    Après avoir fait abstraction du refus de son collègue de l’Environnement, Salah Ben Youssef dit que l’étude réalisée sur l’incidence de l’utilisation de ces sacs sur l’environnement avait révélé que le cycle de recyclage des 120 millions de sacs utilisés par d’autres secteurs d’activité fonctionnait parfaitement. Or, comme il le dit lui-même, l’industrie du ciment va générer entre 120 et 140 millions de sacs en plus. Il argumente : « Si nous sommes capables de recycler 120 millions de sacs, nous arriverons à gérer 120 ou 140 millions de plus ». Ceci est surréaliste, on ne peut pas doubler la capacité de recyclage du jour au lendemain et ces propos du ministre n’ont fait que l’enfoncer.

    Le ministre réfute par ailleurs la question de conflit d’intérêts avec l’homme d’affaires Nasr Ali Chakroun, mais il avoue détenir une action. Ce qu’il ne dit pas, et ce qui a été révélé par plusieurs internautes, est qu’il est consultant et conseiller de M. Chakroun. Il est aussi son grand ami ! Il ne dit pas non plus si des membres de sa famille sont actionnaires dans le groupe 3 S, propriété de Nasr Ali Chakroun.

     

    Quant à Attayar, le parti orange s’enfonce plus que le ministre. Il publie un démenti cinglant des propos de Yassine Ayari et déclare qu’il va porter plainte. Porter plainte pourquoi ? Yassine Ayari affirme, en se basant sur la lettre d’Africa Intelligence, que le groupe 3 S a financé la campagne de Mohamed Abbou et ceci est démenti par Attayar. Sauf qu’Attayar avoue dans ce même communiqué que le même groupe 3 S a loué un appartement à 2500 dinars/mois au profit de sa campagne présidentielle. Si Attayar veut porter plainte pour diffamation, c’est contre Africa Intelligence qu’il doit le faire et il n’y a pas de diffamation à la base puisqu’il avoue avoir bénéficié de l’appartement loué par Nasr Ali Chakroun. Ce que n’avoue pas Attayar, en revanche, c’est que 3 S a financé des têtes de liste d’Attayar dans les législatives.

    Attayar invite tout le monde à faire attention à ce qui se publie sur les réseaux sociaux et à contacter les différentes parties avant de publier ou de croire à quoi que ce soit. Ceci est louable, mais ne vaut-il pas mieux pour Attayar de conseiller les ministres (à commencer par les siens) à communiquer sur ce qu’ils font et justifient au public les raisons de certaines décisions ? C’est comme cela que fonctionnent les gouvernements transparents qui n’ont rien à cacher. Attayar ne devrait-il pas, dans la foulée, demander à ses propres ministres de ne pas diffuser des contre-vérités sur ce qu’ils font, comme on l’a vu avec Ghazi Chaouachi.

    C’est bien d’intenter des procès en diffamation contre les députés et les lanceurs d’alerte, mais c’est mieux de bien faire son travail au préalable en communiquant suffisamment pour ne pas laisser de place à la naissance des fake news !

     

    R.B.H.

     

     

     

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