Le journaliste Hamza Belloumi a répondu, ce samedi 10 octobre 2020, au député Seif Eddine Makhlouf qui l’avait accusé de comploter et de fomenter des affaires pour nuire à l’islam.
Hier, l’élu Al Karama avait annoncé fièrement la libération du directeur de l’école coranique de Regueb. Ce samedi dans un post Facebook, il s’est attaqué à l’équipe de l’émission « Les Quatre Vérités », qui a révélé l’affaire de maltraitance à l’encontre des élèves, et plus spécifiquement à Hamza Belloumi. Makhlouf a photoshopé la photo du journaliste de sorte à ce que ses yeux soient colorés en rouge, faisant référence au diable, et l’accusant d’avoir été à l’origine de la guerre menée contre l’enseignement du coran.

Hamza Belloumi a fustigé les agissements de Seif Eddine Makhlouf en ces termes : « Une perte de temps que de répondre à de tels énergumènes. Les raisons en sont limpides. Un Etat où le protecteur des terroristes insulte le juge d’instruction et devient par la suite député bénéficiant de l’immunité. Un député ayant défendu le terroriste qui s’est fait exploser devant l’ambassade des Etats-Unis, assassinant un sécuritaire. Un Etat où des dizaines d’enfants ont été retirés de l’école et sur lesquels on a opéré un lavage de cerveau. La justice a établi que deux enfants de l’école de Regueb ont été violés par leurs précepteurs. Je m’attends à tout de cet Etat, même lorsqu’il libère des terroristes. Au sein de cet Etat, un député a le droit de m’insulter et d’alléguer que je suis contre l’islam et personne n’intervient. On continuera à révéler vos travers aux Tunisiens. Pour le reste, puisque vous êtes au pouvoir, je sais que vous pouvez jeter en prison ceux qui vous nuisent et en faire sortir vos amis… ».

Pour rappel, l’affaire de l’école coranique Regueb a été déclenchée en février dernier suite à la diffusion de l’émission « Les Quatre Vérités » de Hamza Balloumi. Un reportage réalisé par l’équipe de l’émission avait montré une école construite au milieu de nulle part, à 6 km du centre-ville de Regueb dans le gouvernorat de Sidi Bouzid. Cette école coranique « mystérieuse et énigmatique », comme la qualifient les habitants de la région, accueillait des enfants et jeunes adultes et leur offrait même un internat. Personne ne pouvait s’y introduire pour savoir ce qui s\’y déroulait, ni les conditions dans lesquelles vivaient les enfants qui y résidaient, encore moins les matières et le contenu qu’on leur enseignait.
A la suite de la diffusion de l’émission, les investigations à propos d’une association suspecte ont été confiées à la direction sectorielle pour la prévention sociale et à la direction de la police judiciaire, en collaboration avec l’instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le délégué de la protection de l’enfance à Sidi Bouzid.
Le ministère de l’Intérieur a découvert que cette association abrite un groupe de jeunes et d’enfants dans des conditions inappropriées, soulignant qu’ils sont maltraités et victimes d’exploitation économique et ce n’était que la partie émergée de l’iceberg….
Le tribunal de première instance de Sidi Bouzid a déjà prononcé en juillet 2019, une peine de 20 ans de prison à l’encontre de l’un des « enseignants » de l’école coranique de Regueb, reconnu coupable de viol. L’affaire est toujours en cours et d’autres jugements sont attendus.
I.L.










