Les unités de production familiales ont été sévèrement impactées par le Covid-19 : la moitié éprouvant des difficultés à honorer leurs engagements envers leurs employés et fournisseurs. En outre, 27% d’entre elles ont continué à accuser une baisse de revenus par rapport à l’année dernière principalement en raison du manque de clientèle (un taux stable depuis fin juin).
C’est ce qu’a indiqué une enquête téléphonique réalisée par l’Institut national de la statistique, en collaboration avec la Banque mondiale, auprès d’un panel de 1.339 ménages pour étudier et suivre l’impact du Covid-19 sur le quotidien des Tunisiens.
Cette même enquête révèle que globalement, la situation financière des ménages semble s’être stabilisée depuis la sortie du confinement, avec toutefois 44% d’entre eux déclarant, début octobre, que leurs finances se sont détériorées par rapport à avant la crise (taux stable par rapport à début juin).
Ainsi, seules 5% des personnes interrogées et qui travaillaient avant le confinement n’avaient toujours pas repris d’activité début octobre. La grande majorité de ceux ayant repris le travail ont gardé le même employeur (90%) et ont perçu l’intégralité de leur salaire (85%), le rythme d’activité en termes d’heures travaillées ayant repris une cadence normale pour 85% d’entre eux.
Les indicateurs de solvabilité se sont même relativement améliorés. Ainsi, la proportion de ceux se déclarant capables de mobiliser en urgence une somme d’au moins 200 dinars pour couvrir une dépense nécessaire et imprévue est passée de 55% début juin à 62% début octobre. Sans surprise, les ménages les plus pauvres éprouvent cependant plus de difficultés que les ménages aisés, avec 62% de ceux se situant au premier quintile déclarant ne pas pouvoir honorer tout ou une partie de leurs dépenses contraintes (contre 32% pour le dernier quintile). Cette incapacité de paiement se manifeste surtout pour le règlement des factures (85%) mais également en ce qui concerne les frais de santé (33%) ou de scolarité (34%).
Côté sanitaire, les données de début octobre montrent un relâchement dans l’adoption des gestes barrières, a soutenu cette étude.
En effet, lors de la première vague, la quasi-totalité des répondants déclarait se laver souvent les mains et une large majorité respectait la distanciation sociale (80%) ainsi que l’utilisation des désinfectants (65%) et des masques (50%).
Cinq mois plus tard, l’habitude de lavage fréquent des mains a quasiment disparu (citée par moins de 2%), de même que le port des masques (5%) et l’utilisation des désinfectants (15%), alors qu’à peine un quart des répondants déclarait continuer à respecter les normes de distanciation.
Durant l’été, près de la moitié des ménages répondants se sont rendu dans les plages et/ou hôtels, et plus de 60% ont assisté à des évènements regroupant plus de trente personnes ; deux tiers des répondants ayant déclaré alors qu’ils considéraient que « la vie est redevenue normale ».
Interrogés début octobre, à l’émergence de la deuxième vague de l’épidémie, 70% des répondants plaçaient toutefois la gravité de la pandémie du Covid-19 entre 8 et 10 sur une échelle de 1 à 10. Ils attribuent la résurgence de l’épidémie dans une large mesure à la décision de rouvrir les frontières (86%) ainsi qu’au non-respect par les citoyens des protocoles sanitaires (67%) et à l’absence de sanctions (53%). De ce fait, alors qu’au début du mois de juin plus des trois-quarts des répondants soutenaient sans réserve les mesures prises pour lutter contre la pandémie, cette proportion a chuté à 15% début octobre, deux tiers des répondants ayant souhaité un renforcement des mesures, voire même un re-confinement total (23%).
Autre fait important, un quart des répondants considèrent que la qualité de service s’est dégradée par rapport à la période pré-Covid mais 45% semblent satisfaits du niveau général des prestations médicales.
Cependant, des reproches subsistent quant au manque de médicaments et d’équipements pour 29% des personnes interrogées (41% dans le secteur public), et 17% trouvent que le coût des prestations est trop élevé (35% dans le secteur privé).
Le tout sachant que 80% des ménages interrogés ont déclaré qu’au moins un des membres de la famille s’est rendu dans une structure de santé au cours du troisième trimestre.
I.N (d’après communiqué)










