La politisation de l’islam, la Tunisie en souffre depuis des décennies, notamment la dernière. La commercialisation de l’islam, en revanche, c’est quelque chose d’assez nouveau et c’est ce que l’on constate avec le député Saïd Jaziri qui cumule les deux : la politisation et la marchandisation.
Cet énergumène a lancé, il y a quelques années, une radio du nom « Radio du Saint Coran ». On ne sait pas trop comment est financée cette radio et pour cause. Contrairement à toutes les radios de la place, elle n’a pas d’autorisation d’exercer de la part de l’autorité de tutelle à savoir la Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica).
En dépit des sommations et des décisions, la radio en question continue d’émettre en toute illégalité et en toute impunité. Grâce à elle, son promoteur Saïd El Jaziri a pu devenir député à l’assemblée.
Cela n’a pas trop impressionné la Haica et heureusement. En dépit de son élection, le gendarme tunisien de l’audiovisuel s’est refusé de lui accorder l’autorisation d’exercer et a continué sa pression pour qu’il cesse d’émettre et se soumette, comme tout le monde, à la législation en vigueur.
Ce lundi 7 décembre 2020, le député a rassemblé quelques dizaines de ses fans pour dire dégage à la Haica. Pour insulter ses membres et notamment Hichem Snoussi. Le plus dangereux est qu’il fait l’amalgame vicieux que ses « moutons » (le terme lui appartient) suivent aveuglément. A entendre les manifestants, tous ceux qui sont contre sa radio sont contre le coran et contre l’islam. Un discours haineux et dangereux que les membres de la Haica doivent subir, juste parce qu’ils ont exigé le respect de la loi et de la législation en vigueur.
Défendre la Haica, en dépit de tout ce qu’on peut lui reprocher, c’est défendre l’Etat de droit. Défendre la Haica contre ceux qui commercent au nom de l’islam, c’est défendre l’islam. Défendre l’interdiction de la radio du Coran, c’est défendre le coran contre toute manipulation de la parole divine à des fins mercantiles.
R.B.H.










