La Tunisie est actuellement dépendante énergétiquement à 49% alors qu’elle l’était de 7% en 2010. Sans de nouvelles découvertes pétrolières, cette dépendance passerait à 87% en 2030 puis à 93% en 2040. C’est ce qu’a indiqué, jeudi 1er avril 2021 lors d’une conférence de presse, Rachid Ben Dali le directeur général des hydrocarbures au sein du ministère de l\’Industrie, de l\’Energie et des Mines.
En effet, le nombre de permis d\’exploration pétrolière a sensiblement baissé depuis 2010 passant de 52 permis à 23 permis en 2020. D’ailleurs, de 2014 à 2016 aucun nouveau permis n’a été accordé. On prévoit aussi d’accorder quatre nouveaux permis en 2021. Il faut dire aussi que les investissements ont aussi chuté de 1,22 milliard de dollars en 2010 à, à peine, 419 millions de dollars en 2020. En outre, les investissements ne devraient pas dépasser les 380 millions de dollars en 2021, selon les prévisions.
Ainsi et avec cette baisse d’exploration, la production nationale a sensiblement diminué évoluant de près de 7 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Tep) en 2010 à 3,65 millions de Tep en 2019 puis à 3,5 millions de Tep en 2020. En 2021, on s’attend à ce que la production monte à près de 4,7 millions de Tep grâce aux permis accordés en 2019.
Selon les estimations, la production nationale devrait tomber à 1,5 millions de Tep en 2030, si de nouveaux gisements ne sont pas découverts.
A noter que le mix énergétique actuel en Tunisie est composé de 53,4% de pétrole, 46,2% de gaz et 0,5% d’énergie renouvelable. 76% des ressources en gaz sont utilisées pour la production de l’électricité et la production nationale ne couvre que 34% de nos besoins.
M. Ben Dali a insisté sur la nécessité de capter de nouveaux investisseurs dans le secteur. Il faut dire que ce manque de production a un double impact : il représente une production pétrolière en moins pour le pays et une balance énergétique déficitaire (Sachant qu’1 dollar supplémentaire dans le prix du baril représente 129 millions de dinars (MD) de dépenses en plus pour l’Etat tunisien alors que pour le glissement du dinar, chaque 10 millimes de moins par rapport à une monnaie étrangère se répercutent par 24,7 millions de dinars (MD), ndlr) mais surtout un manque à gagner pour l’Etat car 75% à 80% des revenus des sociétés pétrolières reviennent à l’Etat et l\’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap), qui est généralement partenaire à 50%.
Notons qu’une étude est en cours pour évaluer l’impact environnemental du gaz de schiste et si la Tunisie peut profiter de son réservoir naturel sans danger.
I.N










