Le dirigeant Ennahdha et gendre de Rached Ghannouchi, Rafik Abdessalem n’a pas manqué ce dimanche 11 avril 2021 de rebondir sur la visite de Kaïs Saïed en Egypte, estimant que « celui-ci ne cesse de transférer ses conflits de pouvoir de l’intérieur à l’extérieur ».
Rafik Abdessalem est allé jusqu’à affirmer que le chef de l’Etat ramènera à la Tunisie, après sa visite de trois jours en Egypte, des instructions sécuritaires et des agendas de renseignement visant à dénigrer la démocratie tunisienne.
« Kaïs Saïed qui a tenu à immiscer les diplomates dans ses conflits politiques absurdes, cherche aujourd’hui à rejoindre un camp régional hostile à la démocratie, aux révolutions des peuples et à la libération», écrit-il dans un post publié sur les réseaux sociaux.

Le dirigeant nahdhaoui estime que Kaïs Saïed a fait l’éloge de Habib Bourguiba, le premier président de la République tunisienne, « pour ses pensées anti-démocratiques » et s’est tourné vers Abdel Fattah Al-Sissi en raison de ses orientations militaires et putschistes qui sont contraires à la démocratie et au pouvoir civil.
Le 6 avril 2021, Kaïs Saïed a, notons-le, commémoré le 21ème anniversaire du décès de Habib Bourguiba à Monastir. La cérémonie a rassemblé plusieurs figures du mouvement bourguibiste et des membres de la famille du défunt.
« Votez pour Kaïs Saïed et vous vous trouverez face à un président qui porte un projet de la contre-révolution, qui cache derrière lui Maya Ksouri, Al Sissi et Ben Zeyed (…) Kaïs Saïed ne veut que se réclamer le grand empereur au détriment des Tunisiens et des Tunisiennes », a conclu le dirigeant d\’Ennahdha.

Même son de cloche du côté du dirigeant Al Karama Abdellatif Aloui. Ce dernier a commenté la visite égyptienne du chef de l’Etat en écrivant : « Il y a beaucoup plus de choses cachées dans cette visite que celles annoncées au public ».
« Une chose est sure aujourd’hui, cette visite n’a aucune finalité économique, commerciale, financière, d’investissement ou même touristique. Le dossier putshiste est la finalité essentielle et ceci est clair via les déclarations, et pas seulement les illusions, puisque la notion de lutte anti-terroriste chez Al Sissi relève du coup d’Etat, ni plus ni moins ! Ce qui est sur également c’est que les services de renseignements émiratis et les sionistes sont présents, et avec force, dans les dessous et les contextes de cette visite », a-t-il ajouté.
A noter que Kaïs Saïed s’est rendu au Caire le 9 et y restera jusqu’au 11 du mois courant en réponse à l’invitation de son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi.
I.M.










