La situation en Tunisie est critique à plusieurs niveaux. La crise sanitaire s’aggrave au fil des jours avec la hausse des contaminations – 119 décès ont été notifiés ces dernières 24h. La situation financière est très délicate, et un accord avec le FMI est inévitable. Rien que sur ces deux points, le gouvernement a du pain sur la planche, mais le chef du gouvernement semble avoir le temps pour « célébrer la bataille de Badr » [victoire remportée par les musulmans contre les Quraychites de La Mecque, ndlr] au gouvernorat de Kairouan, aujourd\’hui mercredi 28 avril 2021.
Le chef du gouvernement s\’est rendu ce soir dans la mosquée de Okba Ibn Nefaa, accompagné notamment du mufti Othman Battikh et du ministre des Affaires religieuses Ahmed Adhoum.
« L’évènement » a engendré aujourd\’hui de multiples critiques. C’est dire qu’au moment où le gouvernement se doit d’être présent pour la lutte contre la troisième vague du coronavirus, et de se concentrer sur les prochaines négociations avec le FMI, le chef du gouvernement consacre sa journée pour commémorer une fête typique des religieux extrémistes. De plus, dans une ville souffrant de pauvreté, de déliquance juvénile, de retard de développement et d\’un suicide en hausse.
En effet, il convient de rappeler que la bataille de Badr coïncidant avec le 17e jour du mois de ramadan a souvent été célébrée par les extrémistes à leur manière et ce en perpétrant des attaques en ce jour-là ; à l’instar de l’assassinat du martyr Mohamed Brahmi en 2013 ou de l’opération de Henchir Tella en 2014 qui avait fait 15 martyrs parmi les militaires.
S.H










