Le député islamiste radical Seïf Eddine Makhlouf a évoqué dans la soirée du mercredi 19 mai 2021 la grève des agents du ministère des Finances qui dure depuis près d’un mois. Il considère que cette grève est passée de l’étape de la réclamation et la revendication à une politique de mise en faillite organisée de l’Etat. Un avis que partagent de larges pans de la population dont les affaires sont suspendues depuis des semaines à cause de cette grève.

Là où ça déraille, comme d’habitude du reste, c’est lorsque le député du peuple épingle l’UGTT (traitée de l’union de la ruine) qu’il accuse de mettre une stratégie étudiée pour casser l’économie du pays et de l’empêcher de présenter les services basiques de l’Etat et notamment le règlement des salaires de 600.000 fonctionnaires. L’objectif étant de pousser le peuple à la famine et au chaos puis d’en finir avec tout ce qu’a réalisé la révolution et remettre en place l’ancien régime de la répression et de la révolution qui garantira le retour des symboles de la bureaucratie syndicale. « Que chaque chien – qui pousse les faibles d’esprit à provoquer la famine du peuple tunisien – sache que la jeunesse révolutionnaire est encore vivante et surveille tout ce qui se passe et c’est à lui que reviendra le dernier mot ».
Seïf Eddine Makhlouf conclut sa publication par le hashtag « On ne craint aucun chien qui vit sur les droits des pauvres » avec le mot « pauvres » écrit en égyptien.
Ce n’est pas la première fois que le député islamiste radical s’en prend, avec des expressions dégradantes, aux syndicalistes. Outre les syndicalistes, les députés de l’opposition sont régulièrement victimes de ses injures et de ces expressions dégradantes, notamment et surtout Abir Moussi et Samia Abbou. Idem pour les journalistes et les figures de la gauche et du panarabisme arabe.
Les rapports avec le personnel du ministère de la Finance sont cependant particuliers, puisque Seïf Eddine Makhlouf a un contentieux avec eux. Il a beau commencer sa publication en déclarant qu’il leur voue tout le respect, cela n’empêche qu’il n’oublie pas que ces mêmes fonctionnaires l’ont épinglé il y a deux ans et lui ont fait un redressement fiscal de quelque 260 mille dinars.
On ne sait d’ailleurs toujours pas si le député islamiste radical a réglé ce contentieux ou pas.
R.B.H










