L’ancien chef d\’état-major de l\’Armée de terre, le général Mohamed Hedi Ben Hassine, a estimé que l’armée et le corps sécuritaire devraient être soumis à une seule et même autorité.
Le général commentait l’interprétation personnelle du président de la République, Kaïs Saïed, de ses prérogatives de chef de l’Etat telles que mentionnées dans la Constitution de 2014, dans une interview accordée à radio IFM, le 26 mai 2021.
En avril, à l’occasion du 65e anniversaire des forces de sécurité intérieure, le locataire de Carthage s’est déclaré commandant suprême de toutes les forces armées – militaires et sécuritaires – à travers une lecture subjective des textes de loi, notamment, le texte de la Constitution de 2014, qui n’apporte pas de précisons à ce sujet, contrairement à la Constitution de 1959.
L’article 77 de la Constitution de 2014 prévoit, en effet : « Le président de la République représente l\’État. Il détermine les politiques générales dans les domaines de la défense, des relations étrangères et de la sécurité nationale relative à la protection de l\’État et du territoire national contre toute menace intérieure ou extérieure, après consultation du chef du Gouvernement.
Les attributions sont :
– la dissolution de l\’Assemblée des représentants du peuple dans les cas énoncés par la Constitution ; l\’Assemblée ne peut être dissoute au cours des six mois suivant l\’obtention de la confiance de l\’Assemblée par le premier gouvernement après les élections législatives, ou durant les six derniers mois du mandat présidentiel ou de la législature ;
– la présidence du Conseil de la sécurité nationale auquel il convoque le chef du Gouvernement et le président de l\’Assemblée des représentants du peuple ;
– le haut commandement des forces armées ;
– la déclaration de guerre et la conclusion de la paix, après approbation de l\’Assemblée des représentants du peuple, à la majorité de trois cinquièmes de ses membres ; l\’envoi des troupes à l\’étranger en accord avec le président de l\’Assemblée des représentants du peuple et le chef du Gouvernement ; l\’Assemblée doit se réunir pour délibérer sur la question dans un délai de soixante jours à compter de l\’envoi de ces forces ;
– prendre les mesures nécessaires aux circonstances exceptionnelles et les rendre publiques conformément à l\’article 80 ;
– ratifier les traités et ordonner leur publication ;
– décerner des décorations ;
– exercer le droit de grâce »
Notant qu’il n’est guère de son ressort d’interpréter le texte constitutionnel, le général Mohamed Hedi Ben Hassine a, toutefois, soutenu que – sur la base de son expérience en tant que militaire – répartir la gestion des forces armées entre deux chefs qui n’ont aucune autorité l’un sur autre, affecterait l’efficacité opérationnelle de ces forces.
« Je ne dis pas qu’il faut tout mettre entre les mains du président de la République ou celles du chef du gouvernement (…) mais il faut savoir que l’armée et les forces sécuritaires sont les bras d’un seul et même corps et doivent de ce fait collaborer ensemble », a-t-il ajouté.
N.J.










