La lettre des militaires à la retraite adressée au président de la République commence à susciter les réactions de la scène politique. Si les caciques d’Ennahdha n’ont pas exprimé publiquement leur avis, les pages et les cercles proches du mouvement islamiste affichent un soutien inconditionnel à cette initiative.
Radwan Masmoudi, membre du parti de Rached Ghannouchi a ainsi partagé en début de soirée un post disant en gros que le président de la République ne devrait pas refuser cette initiative, auquel cas tout le monde payera cher les conséquences.

Abdellatif Aloui, député du parti islamiste radical Al Karama, s’est exprimé dans son habituel langage irrévérencieux. « Les tentatives de militarisation de la politique, sont le résultat inévitable de celles visant la politisation des militaires. Celui qui a gardé le silence pour la première (l’appel de l’Amiral Akrout), devra fermer son clapet pour la deuxième ». Voilà qui est clair.

Ali Laârayedh a, lui, essayé d’éluder la question, lors de son intervention sur la chaîne Attesia. Il a dit vaguement qu’il est contre le fait que des militaires à la retraite parlent en gardant leur qualité d’anciens officiers.
Le secrétaire général d’Attayar, Ghazi Chaouachi a, pour sa part, fustigé cet appel et estimé que : « L\’immiscion de militaires retraités dans les affaires politique et l’instrumentalisation de leurs anciennes fonctions pour influencer et faire pression sur les institutions de l’Etat est un phénomène dangereux ». Selon Ghazi Chaouachi des parties politiques se cachent derrière cette initiative dont les intérêts sont contraires à ceux du pays et sa stabilité. « J’appelle le président de la République à la vigilance et à exercer ses prérogatives en sa qualité de garant de l’unité du pays et de lancer le dialogue national tant attendu, afin de contrer les anarchistes et les opportunistes ».

Issam Chebbi, dirigeant d’Al Jomhouri est monté au créneau dénonçant le danger d’une telle démarche : « On touche à une chose prohibée. On joue avec le feu. Ces actions ne viennent pas de nulle part, mais sont plutôt la conséquence de la facilité avec laquelle on évoque, depuis un moment, l’idée d’un coup d’Etat et les appels à faire intervenir l’institution militaire. Nous devons nous opposer à ce que des militaires utilisent leurs anciennes fonctions pour faire de la politique, sinon nous creuserons la tombe de la démocratie ».

I.L.










