Le membre du Bureau exécutif et chargé de la communication du mouvement Ennahdha, Khalil Baroumi, a appelé, dans post partagé hier, mercredi 16 juin 2021, sur les réseaux sociaux, son parti à être à la hauteur des défis du moment et à sa position de « premier parti » en prenant les décisions qu’il faut pour permettre au pays de sortir de la crise politique, économique et sociale qui le paralyse.
« Le populisme est derrière nous, la bureaucratie est devant nous, et le mouvement est confronté à une épreuve difficile devant laquelle il doit réagir d\’une manière qui convient à sa position de premier parti, et d\’une manière qui convient à ses militants qui portent le poids de leurs déceptions et leur lutte continue » a écrit Khalil Baroumi.

Il a estimé qu’Ennahdha doit d’abord adhérer à une solution gouvernementale rapide peu importent les consensus politique et national, sans tomber dans le piège des projets populistes, parallèlement à un dialogue politique législatif qui conduit à des réformes urgentes et nécessaires au niveau du code électoral et des organes constitutionnels.
« Les choix économiques et sociaux du parti doivent être évalués et revus avant qu’il ne soit réduit à un nouveau gardien des rentiers et le contenu du prochain congrès doit être rédigé de manière à ce que la concurrence soit basée sur des idées et des programmes » a ajouté Khalil Baroumi.
Khalil Baroumi a également estimé que le pays traverse une crise étouffante qui risque de ravager tous les acquis politiques qui ont été réalisés au cours de la dernière décennie. « On observe à peine la moindre réaction institutionnelle traitant des causes de la crise et présentant des solutions claires pour la surmonter. Après que toute la classe politique ait raté la possibilité de construire les institutions de la seconde République sur des bases de valeurs patriotiques cohérentes avec les revendications de la révolution (emploi, liberté, dignité), nous en sommes à chercher un minimum d’effort pour trouver des solutions rapides et efficaces au blocage politique, à la crise économique et à la marginalisation sociale/populaire/des jeunes » a-t-il précisé.
« Malgré toutes les anciennes erreurs (dont certaines sont impardonnables), comme la nomination de Habib Jamli pour former le gouvernement dès les élections de 2019, et avant cela, la désignation d’Abdelfattah Mourou en tant que candidat à la présidentielle, à la dernière minute et sans aucune vision claire, dénotant d’un étroite bataille organisationnelle interne, les dangers qui guettent le processus démocratique imposent d’assumer sa responsabilité historique de sauver ce qui peut l’être de cette expérience » a ajouté le dirigeant nahdhaoui.
Il a enfin affirmé que le mouvement est pris entre les mâchoires du populisme/fascisme et de la colère populaire, avec en face le laxisme du gouvernement/de la bureaucratie gouvernementale, qui ne font que creuser les défaillances qui minent l’État tunisien depuis des décennies. « Malgré cette position accablante, le premier parti bouge avec une aisance suspecte, et un discours arrogant qui pose la question de savoir à quel point il est conscient des enjeux du moment ? » s’est-il interrogé.
M.B.Z










