Fête de l’aïd oblige, les marchés des moutons battent leur plein, un peu partout sur le territoire de la République.
La Tunisie a enregistré hier quelque 134 décès en 24 heures, un record. Cela n’empêche pas pour autant les fidèles religieux de respecter le rite musulman non obligatoire de cette fête du sacrifice, comme ici à Jelma, au gouvernorat de Sidi Bouzid.

Inconscience ? Assurément. Mais peut-on en vouloir au Tunisien lambda quand le président de la République lui-même ne donne pas l’exemple puisqu’il n’est pas encore vacciné, que le parti premier aux élections, Ennahdha, organise des meetings populaires avec des dizaines de millers de participants et que la première centrale syndicale du pays organise un meeting avec des centaines de participants dans une ville théoriquement confinée et frappée de plein fouet par le Covid-19 ?
Le Tunisien lambda est loin d’être irréprochable, mais quand l’Etat lui-même est défaillant et autorise aux uns ce qu’il interdit aux autres, c’est une suite tout à fait logique que le citoyen désobéisse aux restrictions sanitaires. L’Etat a perdu sa crédibilité et les médias ne peuvent que constater ce qui se passe dans le pays.
La suite ? Elle sera inévitable, ce n’est pas le mouton qui sera abattu cette année, c’est le Tunisien. La fête du sacrifice 2021 enregistrera des milliers de morts qui accompagneront, dans l’au-delà, les moutons.
R.B.H.










