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Blocage au sein de l’administration tunisien : syndrome d’une chasse à l’inexistant ?

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    Vous aussi, si vous étiez certains de la présence d’individus qui complotent contre la République, vous voudriez que nos autorités réagissent ! Si l’on vous répète fréquemment que la corruption rongeait le pays de l’intérieur. Avec un simple discours basé sur la vengeance et une orientation de l’opinion publique pour ne pas dire un contrôle de la vérité, on pourrait même influencer le peuple au plus profond de leurs subconscients. Il suffit d’adopter la bonne stratégie.

    Quoi de mieux qu’un ennemi commun pour convaincre les Tunisiens. Nous devons nous unir pour combattre ceux qui menacent notre pays, notre quotidien, nos biens et notre existence. Notre président aurait propagé ses messages pour garantir le soutien populaire tant évoqué, mais sans en évaluer les conséquences.

    Bien évidemment, une personne censée ne pourrait jamais s’opposer à la lutte contre la corruption et le crime. Le citoyen lambda a non-seulement envie de faire partie de l’équipe, mais aussi, appartenir à cette cause noble et admirable.

    Pourquoi n’évoque-t-on pas les dossiers sensibles ? Si nous en parlons, pourquoi la justice ne réagit-elle pas ? Si la justice n’est pas appliquée, pourquoi ne pas barrer directement la route aux corrompus ? C’est à travers ces petites étapes et interrogations que nous pouvons observer la dangerosité de l’escalade des tensions. La présidence n’a-t-elle pas appelé les patriotes honnêtes à purger le pays des voleurs ?

    Évoquant ‘’dossiers’’ et ‘’enquêtes’’, le président de la République n’a pas cessé, depuis son ascension à Carthage, d’étaler sa haute capacité à avoir connaissance de tous. « Rien ne m’échappe ! », avait-il assuré. La majorité de ses discours étaient conduit sous forme de plaidoyer et de campagne de lynchage contre tel politicien, juge, dirigeant ou fonctionnaire. Si le président de la République, supposé symbole de l’unité nationale, se permet ce genre de pratique, a quoi devons-nous nous attendre ? La réponse est simple, des campagnes de diffamation et des procès populaires et populaires auxquels nous sommes confrontés quotidiennement et naturellement l’administration tunisienne en est l’une des principales victimes.

    Abracadabra, le tour est joué ! Les appels répétés du président ont poussé une grande partie des tunisiens à entamer une vendetta contre les fonctionnaires et les agents de l’Etat. Loin de nous l’intention de faire l’éloge de l’administration car nul ne peut nier les blocages engendrés par notre bonne vieille bureaucratie ou son dysfonctionnement, nous voulons tout simplement expliquer les conséquences d’une telle approche.

    En effet, un simple rappel des faits, nous montre qu’une certaine peur ou méfiance s’est installée en Tunisie. Nos compétences, face à ses campagnes et ses incitations, s’interrogent sur le futur. Ils se rappellent les décisions d’assignations à résidence sans fondements (qui ont par la suite étaient annulées et toujours sans explications). Ils ont été, également, secoués par les limogeages et destitutions. La récente arrestation de Samir Taïeb n’a pas arrangé les choses. Les images des perquisitions menées par la police et circulant sur les réseaux sociaux ont montré l’ampleur de la crise.

    Plusieurs éléments confirment davantage ce constat. Le retard dans la désignation de la cheffe du gouvernement et la formation de ce dernier avait été expliqué par le refus de plusieurs personnes à assumer une telle responsabilité. D’autres personnes ont, aussi, refusé des propositions de nomination au poste de conseiller, de directeur et de haute fonction. Ils ont constaté qu’une simple signature pouvait leur coûter cher. Personne n’aurait envie d’être malmené pour avoir essayé d’œuvrer pour la bonne cause.

    Il y a aussi une inquiétude quant à la réaction des Tunisiens. Être nommé signifiait faire l’objet d’une campagne publique sur les réseaux sociaux. Le conseiller franchement désigné fera face à un étalage de son patrimoine et se verra même propriétaire de bien dont il n’a même pas connaissance. Il deviendra cette personne très riche qui vient d’une famille haut placée. Intentionnellement ou tout simplement sous le charme des discours de la présidence de la République, la seule source de cette richesse nous venant à l’esprit ne sera autre que le vol, la corruption et le détournement de fonds. Si vous avez réussi votre vie avant le 25 juillet, vous êtes coupables de tout et de rien !

    Par conséquent, nos compétences nationales refusent de s’impliquer dans cette atmosphère floue et instable, de faire l’objet de telles campagnes. Personnellement, nous ne pouvons pas leur reprocher cela. Qui aurait l’envie de se retrouver au milieu d’une affaire nous rappelant les tristes procès des sorcières de la ville de Salem ?

    Et si nos compétences présents sur notre territoire national expriment indirectement cette peur et refusent les nominations, comment allons-nous alors les convaincre de ne pas quitter la Tunisie. chercher de meilleures opportunités à l’étranger ? Ceux qui ont opté, dans le passé, pour de meilleures opportunités à l’étranger, seront-ils séduits par un retour à la patrie ? Troqueront-ils les bonnes conditions de vie et un meilleur futur pour l’incertitude, le flou et un possible séjour en prison ? La réponse à ces questions est malheureusement claire et simple.

    L’analyse de l’impact d’un discours populiste ne doit pas se contenter des petites querelles politiques entre le président de la République et ses rivaux. Il nous faut comprendre la véritable ampleur des mots et à qui nous conduiront-ils : une discrétisation totale des personnes et des institutions. Face à eux une seule personne détient la vérité absolue et nous devrons nous contenter de ses avis et analyses puisqu’il bénéficiera toujours du « soutien populaire » ! Puisqu’il sera toujours connu pour son honnêteté ! Puisqu’il représentera encore et encore le bien !

     

     

    S.G

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