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La hausse des coûts du fret maritime sous la loupe de l’équipe recherche économique de la Biat


Le coût du transport a littéralement explosé ces derniers mois, se multipliant parfois par dix selon le témoignage de plusieurs opérateurs tunisiens. Un fait préoccupant, qui a des répercussions conséquentes sur les coûts de productions et de ventes. Sachant que l’Etat a décidé de réviser les droits de douane appliqués aux produits de consommation ou ayant un similaire fabriqué localement avec des hausses allant de 20 à 50% (article 57 du décret-loi portant sur la Loi de finances 2022, ndlr), le prix de certains produits vont littéralement explosés, impactant directement l’inflation.

 

La Banque internationale arabe de Tunisie (Biat), dans le cadre des recherches économiques qu’elle fait, vient de publier une infographie intitulée « Les coûts du fret maritime sous pression : causes et répercussions » et qui revient sur ce sujet d’actualité.

L’étude que depuis avril 2020, le coût du fret maritime des conteneurs a suivi un trend haussier et a atteint des niveaux records. « Cette hausse inédite contribue à alimenter l’inflation et risque de ralentir la reprise économique », souligne ce document.

Selon l’Indice Freightos Baltic (FBX), les prix du fret par conteneur de 40 pieds sont passés 1.449 dollars le 27 décembre 2019 à 10.839 dollars le 24 septembre 2020 pour redescendre 9.513 dollars le 17 décembre 2021. Les prix ont été multipliés par sept entre décembre 2019 et décembre 2021.

Ils ont été multiplié par trois en un an passant de 3.143 dollars le 25 décembre 2020 à 9.513 dollars le 17 décembre 2021.

 

 

S’agissant des raisons de cette hausse, la note en évoque cinq : une disponibilité limitée de conteneurs avec une baisse du nombre de conteneurs en 2020, une hausse de la demande mondiale de marchandises, une baisse de la capacité du fret aérien intensifiant la demande sur le Fret maritime, une pénurie de marins de commerce et de dockers outre d’autres sources de coûts supplémentaires  comme le blocage du canal de Suez par le navire « Ever-Given », la discordance en termes du rythme de la reprise entre l’Asie et l’Europe (certains conteneurs partent vides de l’Europe, induisant des augmentations du prix pour couvrir le coût du retour vide) et la hausse du prix du pétrole (consommé par les navires).

L’impact sur les prix à la consommation serait tributaire du niveau de la dépendance du pays à l’importation. Selon la simulation de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), l’impact sur les prix à la consommation serait plus important dans les petits états insulaires en développement, étant donné leur forte dépendance à l’importation.

Le poids important du commerce de marchandises expose l’économie tunisienne à un risque inflationniste important. Par ailleurs, la hausse du coût du transport des intrants impacterait la compétitivité des produits exportés dans la mesure où les exportations reposent principalement sur des produits à faible et moyenne valeur ajoutée et donc sensibles à la hausse des prix des intrants, explique le document.

Toujours selon cette étude, l’impact mondial serait différent selon le produit. Ainsi, et selon une simulation réalisée par la Cnuced, l’effet sur le prix à la consommation des 10 produits les plus impactés serait comme suit :

 

 

Les armateurs ont vu leurs bénéfices multipliés en moyenne par 20. Néanmoins, afin de atténuer l’impact sur le commerce mondial, certains armateurs (CMA CGM et Hapag-Lloyd) ont opté pour le gel des prix des contrats de transport spot (négociés 30 jours seulement avant le transport) pour une période donnée.

 

En conclusion, cette infographie affirme que la hausse du coût du fret maritime des conteneurs est l’une des conséquences directes de la crise Covid-19.

« Les contrats spot sont les plus impactés par cette hausse. L’impact sur les prix à la consommation n’est pas uniforme et dépend aussi bien du degré d’ouverture des économies que des caractéristiques des produits. Cette situation risque de persister à court terme. Il est attendu qu’un début d’une relative atténuation soit observé en 2022 », lit-on dans ce document.

Et de spécifier qu’en dehors de ces circonstances conjoncturelles, le secteur du fret maritime connait en Tunisie plusieurs difficultés structurelles qui induisent une faible performance logistique au niveau des ports, notamment la longueur des délais de séjour des conteneurs (port de Rades : 18 jours/ conteneur/ an en moyenne versus 10-12 jours il y a dix ans et 6-7 jours dans des pays concurrents comme le Maroc) ainsi que la longueur des délais d’attente des navires en rade.

Le document rappelle que selon Antonius Verheijen, responsable pays à la Banque Mondiale : « une réduction de 10 jours des délais d’importation équivaudrait à une diminution des prix à l’importation d’au moins 500 millions de dollars US, soit l’équivalent de 1,25% du PIB ».

 

I.N

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