Le député indépendant élu sur les listes de Qalb Tounes, Yadh Elloumi, a souligné l’isolation de la Tunisie à l’échelle internationale. « D’un point de vue technique, ce qui a été présenté par le gouvernement tunisien au Fonds monétaire international est très maigre pour ne pas dire illisible… Les Etats-Unis d\’Amérique ont émis un veto contre tout financement de la Tunisie, car ils n\’ont pas envie de se retrouver face à un nouveau dictateur », a-t-il expliqué.
Invité le 8 février 2022 par Wassim Ben Larbi sur les ondes de la radio Express FM, Yadh Elloumi a considéré que la visite du directeur général du Trésor français et président du Club de Paris, Emmanuel Moulin, signifiait un possible rééchelonnement de la dette. « Il s’agit d’un avant-goût d’une intervention du Club de Paris… La partie pouvant faire l’objet d’un rééchelonnement ne dépasse pas 12% de la dette de la Tunisie », a-t-il ajouté.
Il a considéré que la Tunisie souffrait d’un disfonctionnement structurel au niveau de son modèle économique. Le député a expliqué que le taux de croissance économique réalisé par la Tunisie ne dépassera pas les 2,5% d’ici cinq ans. « C’est ce qu’on appelle la croissance zéro ! Combinée à une hausse de la dette et à la non-création de richesse, nous nous trouverons dans une situation critique », a-t-il assuré.
Yadh Elloumi a rappelé que le gouvernement en place n’avait pas bouclé le budget de l’année 2021. Il a estimé que le communiqué du conseil d’administration de la Banque, datant du 2 février 2022, signifiait que celle-ci n’était pas prête à imprimer des billets. « Nous avons procédé à cela en 2020 ! Une telle opération doit avoir lieu une fois seulement ! En cas de répétition, il y aura une hausse de l’inflation et nous aurions besoin d’un couffin de billet pour acheter une baguette ! », a-t-il souligné.
Le député a considéré que le pouvoir était aux mains de l’administration tunisienne et que l’élaboration de la loi de finances de l’année 2022 avait eu lieu dans le même esprit que les précédentes lois de finances. Il a estimé que le problème résidait en l’absence de mesures luttant contre le marché parallèle, encourageant certains secteurs et introduisant des réformes économiques.
Yadh Elloumi a, également, appelé à la réalisation d’un audit au niveau de la dette tunisienne. Il a rappelé que plusieurs dons perçus pour lutter contre la pandémie avaient été utilisés pour combler le déficit budgétaire. Le député a, aussi, évoqué la hausse du budget en l’absence de développement économique. « Les ministres et dirigeants précédents sont tenus responsables de la dégradation e la situation ! », a-t-il insisté.
Concernant la réconciliation pénale, Yadh Elloumi a affirmé que le pouvoir en place comptait exproprier les biens des citoyens. Ce projet, selon lui, rappelait l’expérience des coopératives de Ahmed Ben Salah. « On ne peut pas accepter une chose pareille ! Ce projet porte atteinte à la présomption d’innocence et aux principes du procès équitable ! », s\’est-il exclamé.
S.G










