Un large écart entre les priorités du président de la République et les défis urgents auxquels doit faire face le pays. Un manque de vision de la part du gouvernement en exercice. Un flou total … C’est ainsi que l’ancien député et homme d’affaires, Moncef Sellami décrit la situation en Tunisie.
Dans une interview accordée à Acharaa Al Magharibi, il a affirmé que le climat des affaires avait été impacté par l’écart entre le projet de la présidence de la République et les priorités ultra-urgentes sur lesquelles on devrait se focaliser pour redynamiser l’économie nationale.
« Pour la présidence de la République, ce sont les questions constitutionnelles qui sont de la plus haute importance (…) Alors que la priorité pour nous, en tant qu’hommes d’affaires et citoyens tunisiens, est le retour de l’activité économique (…) pour les politiciens et en premier, le président de la République, le plus grand défi est le pouvoir pour le pouvoir », a-t-il indiqué avant de critiquer l’absence totale du dossier économique du discours du chef de l’Etat.
« Pas une seule fois, il (Kaïs Saïed, ndlr) n’a appelé à se mettre au travail ! », a ajouté Moncef Sellami notant que le locataire de Carthage devrait faire face au peuple et lui avouer la réalité de la situation avant de se lancer, rapidement, dans l’élaboration des solutions susceptibles de sortir le pays de l’ornière.
Moncef Sellami a, également, pointé du doigt l’absence de vision du côté du gouvernement assurant qu’il n’y a guère de coordination. En cette phase très particulière, le flou qui la caractérise, les orientations encore méconnues du gouvernement, et l’ampleur de la crise, il n’y a d’autre alternative, selon l’homme d’affaires, que de s’engager dans des réformes urgentes.
« Les réformes sont devenues une nécessité et non un choix. Ça fait des années que nous en avions parlées et signalé que chaque retard accusé compliquera davantage la mission. Les décrets ne sont pas des solutions (…) Tout le monde et en particulier l’Union générale tunisienne du travail doit s’engager, aujourd’hui, dans les réformes sans imposer des conditions telles que la non-cession des entreprises publiques », a-t-il avancé.
Interpellé sur le rôle de l’union tunisienne du commerce, de l’industrie et de l’artisanat (Utica), l’homme d’affaires a refusé d’aborder le sujet et s’est contenté de mentionner que chaque homme d’affaire faisait actuellement cavalier seul pour trouver des solutions.
N.J.










