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Dieu ou le chaos

 

Si vous aviez l’ombre d’un doute. Il vient de s’envoler, de se dissiper, de disparaitre et de laisser place à la certitude.

L’excellent Zyed Krichen vient aujourd’hui de résumer l’article 80 – celui du péril imminent, qui donne les pleins pouvoirs au chef de l’Etat – en un mot. Le Big Bang.

« L’article 80 est le Big Bang, c’est à travers cet article que tout a été créé ». Mais, c’est aussi à travers lui que tout a été détruit.

Que vous soyez cartésien et donc partisan de la théorie du chaos, de la création sans créateur, ou si vous croyez en un Dieu à l’origine de tout l’univers, les deux théories se rejoignent lorsque l’on parle Kaïs Saïed. Non je n’exagère pas. Continuez à lire, vous comprendrez…j’espère.

 

L’article 80 a été le Big Bang qui a donné naissance à un dieu tout puissant. Et ce dieu tout puissant évolue seul dans son propre univers en modifiant les règles à sa guise et en pensant pouvoir tout contrôler. Si vous aviez un doute sur l’ampleur des pouvoirs que ce dieu – président – veut s’accaparer, si vous refusiez de voir la vérité en face, si vous préfériez faire l’autruche, il est temps d’arrêter. Arrêter d’essayer de vous convaincre que la peste est moins pénible que le choléra, que si on n’est pas avec Kaïs Saïed, on est forcément avec les « autres », il est temps de voir la vérité en face.

Le projet Kaïssien, peu importe le noble dessein qui se cache derrière, est un projet hégémonique, despotique, dictatorial et totalitaire. Non, je n’exagère pas, je mets juste des mots sur les maux. Encore une fois, noble dessein – si noble dessein il y a – mais méthodes plus que foireuses.

 

Mais ce n’est pas parce que les intentions sont nobles qu’on a le droit de faire n’importe quoi…et de le faire n’importe comment. En effet, l’idée aujourd’hui n’est pas de planifier sur le long terme, mais de s’accaparer un maximum de pouvoirs sur le court terme. Pourquoi ? Parce que le chef de l’Etat tout puissant pense être le seul à pouvoir prendre les bonnes décisions. Personne ne peut le conseiller, personne ne peut l’épauler, personne ne mérite d’être écouté ou d’obtenir sa confiance. C’est lui contre le monde.

 

On ne s’embourbera pas dans les conditions légalistes de ce fameux article 80. Nous avons perdu presqu’un an à le faire, débattant en long et en large depuis juillet 2021. En vain. Personne n’arrive à trancher. Ceci est une perte de temps. Le fait est que la meilleure constitution au monde, celle de 2014, qui est suspendue aujourd’hui, nous a laissé des trous béants à la taille du cosmos et il faudra désormais faire avec.

 

Le fait est aussi que les bases d’une dictature, d’un régime totalitaire et hégémonique sont en train d’être posées. Pierre par pierre. Plus vite que ce que l’on pense.

Nous sommes arrivés à un moment où il devient impossible de raisonner autrement que par les sentiments. Ceux qui ne sont pas avec le président de la République, sont forcément avec les autres, les comploteurs, les corrompus, l’ennemi.  Impossible de tenir un discours sensé, sans clivages, de discuter d’idées et de projets, sans insultes. La tension est palpable et l’atmosphère électrique. Plus qu’elle ne l’a jamais été ces dernières années.

Le chef de l’Etat fait et défait à sa guise. Il dissout le conseil supérieur de la magistrature, en fin de soirée, alors que les Tunisiens sont soit éméchés, soit à moitié endormis. Il en nomme un autre, provisoire, toujours dans l’ombre de minuit. Il s’attribue les pleins pouvoirs sur les magistrats et s’octroie des moyens de pression qui feraient pâmer d’envie n’importe quel dictateur, un dimanche matin. Il limoge un chargé de gestion d’une radio nationale, quelques heures à peine après qu’une liste de nominations controversée a fuité. Le tout, dans des communiqués laconiques, précipités et publiés tardivement en fin de soirée. Aucune stratégie derrière, que des desiderata.

 

A un certain moment, il faut avoir le courage de ne pas parler avec ses sentiments et de dire les choses comme elles sont. A un certain moment, il faut aussi arrêter de nous disperser avec les discours clivants, la haine et les tensions et nous recentrer sur l’essentiel. L’économie, la santé, l’éducation, l’infrastructure, la sécurité…pour ne citer que ces quelques dossiers futiles face à la profondeur des discours présidentiels…

Le chef de l’Etat est cité près de 10 fois dans cet article. Vous en avez marre ? Nous aussi…

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