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Les déchets italiens d’accord, mais que faire de nos ordures ?

 

Enfin, les déchets ménagers italiens ont été refoulés vers leur Sicile d’origine. Pour arriver à ce résultat, presque un exploit, compte tenu des enjeux financiers énormes et des accointances mafieuses dans ce dossier, il a fallu beaucoup de temps et surtout beaucoup d’efforts de la part de militants qui ont pris de gros risques pour alerter l’opinion publique, mais aussi de la part des médias qui ont réussi à garder le dossier dans la sphère de l’actualité. Tout ceci face à un mutisme et un laxisme troublants des structures de l’Etat qui n’ont fait que suivre le mouvement.

 

Il faut se rendre à l’évidence que nous avons perdu l’habitude de refouler qui que ce soit ou quoi que ce soit. Il fut un temps où la police de Ben Ali attendait de pied ferme à l’aéroport, pour les refouler, les délégations des organisations humanitaires internationales qui venaient observer les procès politiques maquillés lamentablement en procès de droit commun. Il est révolu le temps où les journalistes et les reporters étrangers qui venaient enquêter sur les questions embarrassantes pour le pouvoir en place comme la corruption et le déficit démocratique, étaient reconduits manu militari jusqu’à leur sièges dans leurs avions de retour. Pourtant, d’autres journalistes sont invités épisodiquement par l’ATCE, organisme de propagande de l’époque, accueillis chaleureusement au bas de la passerelle, hébergés dans des palaces, des voitures officielles mises à leur disposition et payés chichement pour vomir des papiers de réclame, juste bons à reproduire le lendemain dans certains médias de la place.

 

Aujourd’hui, c’est à peine si la police des frontières arrive à refouler quelques ressortissants africains, pas pour des raisons claires et objectives mais juste pour faire plaisir au voisin italien qui a peur de voir ces Africains débarquer sur ses côtes, réussi à embobiner le nouveau pouvoir tunisien novice et maladroit et à en faire le garde-côte avancé de ses frontières. On ignore toujours les clauses de l’accord, gardé secret, entre la Tunisie et l’Italie en matière de migration de la main d’œuvre. Ce que l’on sait, c’est que le nombre des refoulés a augmenté et que la fréquence des vols de retours forcés s’est accélérée. Chaque semaine, des dizaines de jeunes, qui ont vu leurs rêves brisés sont déversés sur le tarmac. Au préalable, ils ont été triés minutieusement. Ceux qui sont utiles pour le bien-être de leurs sociétés, médecins, ingénieurs, techniciens, sont exfiltrés. Les autres sont renvoyés vers leur destination d’origine. Pour ces champions du tri de tout genre, ce ne sont que des rebuts. Pour nous, ce sont nos laissés pour compte, la preuve de notre laideur et notre faillite collective.

Maintenant que les déchets ménagers italiens sont renvoyés chez eux, il serait temps de nous intéresser à nos propres déchets, ceux qui jonchent nos villes et nos rues, ceux qui sont devenus un élément constant de notre cadre urbain au point de ne plus y faire attention, au point que ces ordures sont devenues invisibles. A Sfax, ce problème perdure depuis plus de six mois déjà. Les ordures s’entassent partout, même sous les fenêtres de l’hôpital. Les gens suffoquent alors que les autorités locales, régionales et centrales se renvoient la balle pour gagner du temps et marquer des points les uns contre les autres.

 

Mais le cas de Sfax n’est pas unique. Il est malheureusement le cas le plus flagrant. Or, plusieurs autres villes du pays connaissent aussi des situations catastrophiques en rapport avec leurs ordures. C’est à se demander à quoi servent ces conseils municipaux qui ne sont plus capables de ramasser les poubelles ? A quoi sert le ministère de l’Environnement sinon à faire des ex ministres corrompus ? A quoi sert l’ONAS sinon à voler l’argent du contribuable et polluer nos plages ?

Les déchets ménagers italiens d’accord, mais que faire de nos ordures ?  

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