La professeure de droit constitutionnel Salsabil Klibi, est intervenue ce matin du vendredi 1er juillet 2022, sur Shems FM, pour commenter le projet de la nouvelle constitution publié dans la soirée de jeudi dans le Journal officiel de la République tunisienne.
« J’aimerais d’abord parler du contexte dans lequel a émergé ce projet, car on ne peut pas parler de constitution. Ce projet dans sa globalité est arrivé alors que le pays traverse une crise économique et financière sans précédent, donc l’énergie et l’attention des Tunisiens ont été dirigés sur quelque chose qui ne va rien changer à leur vie alors que leurs moyens de subsistance sont menacés » a commencé par préciser Mme Kelibi.
La professeure a souligné que le projet de constitution, publié 48 heures avant le démarrage de la campagne, contient de nouveaux concepts qui appellent à une lecture plus approfondie et à un travail pédagogique important. « Comment a-t-on pu fixer des délais aussi courts ? C’est dire en fait aux Tunisiens que le texte n’est pas important et qu’ils doivent juste faire confiance au président et voter oui ou ne pas lui faire confiance et dire non. A mon sens ceci est un plébiscite et non un référendum. Le délai logique aurait été d’au moins deux mois » a-t-elle poursuivi.
« Point encore plus grave, ce projet est arrivé après de longs discours et un vrai matraquage sur la constitution de 2014 qu’on a attribuée à Rached Ghannouchi, pour faire de sorte que n’importe quel texte qui arrive plus tard ait l’air d’être meilleur. C’est très grave, surtout que les Tunisiens ont tout fait pour arracher la constitution à Ennahdha et c’est pour cela que le mouvement a tenu bon à ne pas l’appliquer, ce n’est pas la constitution de 2014 qui est mauvaise mais c’est son application qui a posé problème. Dire que la constitution de 2014 est celle d’Ennahdha est faux et déconstruire cette idée est aujourd’hui difficile après le matraquage qu’il y a eu » a ajouté Salsabil Klibi.
Elle a enfin confié qu’elle ne participera pas à la campagne et que son rôle se limitera à un travail pédagogique pour expliquer ou commenter le texte. « Ce projet est une déception pour les Tunisiens » a-t-elle conclu.
M.B.Z










